Samedi 1 août 2009

Alors qu’une crise sans précédent  touche la production de fruits et légumes, le nouveau ministre de l’agriculture Bruno Le Maire a rencontré le 27 juillet dernier les responsables professionnels de la région Paca. Mais il n’a semble t-il pas entendu les revendications exprimées, se bornant à mettre en place des ventes au déballage ponctuelles sur les parkings des grandes surfaces. Cerise sur le gâteau, le ministre vient de déclarer que les coûts du travail étaient les principaux responsables de la crise, alors que les marges de la grande distribution n’ont jamais été aussi élevées.

Avec des prix à la production en chute de 20 à 40% la crise qui touche tous les secteurs des fruits et légumes n’a jamais été aussi grave, menaçant une profession déjà sinistrée par 5 années de prix bas et de mévente. Le nouveau ministre a tenté de calmer la colère des producteurs lors d’une rencontre organisée le 27 juillet dernier en région Paca, mais le compte est loin d’y être, les mesures annoncées (vente directe au déballage fin juillet début août) ne concernant qu’une infime partie de la production et des producteurs et ne correspondent en rien aux demandes de la profession.

Cette mesure a pourtant  le mérite de reconnaître indirectement le fond du problème à savoir les marges excessives de la grande distribution. Car pendant que les cours des fruits et légumes chutent, les prix au consommateur restent particulièrement élevés sur les étals des magasins des grandes surfaces, celles ci représentant rappelons le 80% des ventes de fruits et légumes en France. Les relevés réalisés par le Modef dans les différentes enseignes font état d’un écart allant de 2,5 à 7 fois le prix d’achat au producteur, sans aucune justification. Et tout comme la vente au déballage autorisée ce weekend par les pouvoirs publics, ce ne sont pas les promotions ponctuelles réalisées par les grandes surfaces en vue d’écouler les marchandises qui résolvent les problèmes.

L’absence de mesure en faveur des producteurs, en premier lieu l’encadrement des marges des distributeurs réclamée par la totalité de la profession, mais également l’arrêt de toute importation tant que la crise n’est pas terminée, risque de déboucher sur une exaspération et sur de nouvelles actions. Le ministre l’a bien compris, qui tente de calmer le jeu en désignant selon lui « le » responsable  -les coûts du travail-, et en laissant entendre que des mesures pourraient être prises dans ce domaine pour s’aligner vers le moins disant européen, Espagne et Allemagne en tête.

Ce que le ministre omet de dire c’est qu’en Espagne la main d’œuvre agricole saisonnière, essentiellement marocaine, travaille dans des conditions moyenâgeuses, et qu’en Allemagne, en vertu d’accords d’Etat à Etat, celle-ci provient essentiellement des pays d’Europe Centrale, et est rémunérée aux conditions des pays d’origine.

Appliquer ces recettes en France ne résoudrait rien. L’exemple des pays européens cités invite à la plus grande prudence, la crise des fruits et légumes y sévit de la même manière qu’en France. Cela constituerait par ailleurs une fuite en avant dramatique pour les finances publiques (qui va payer le déficit grandissant de la Mutualité Sociale Agricole ?)

Plus grave encore : diminuer les coûts du travail serait le prétexte à de nouvelles baisses de prix à la production, avec des effets catastrophiques alors que la LME votée l’an dernier au parlement donne tous les pouvoirs à la Grande distribution en matière de négociation avec les fournisseurs.

Le Modef réaffirme qu’on ne sortira pas du marasme sans mettre en place ce que demandent l’immense majorité des producteurs et des organisations professionnelles : Déclencher immédiatement le coefficient multiplicateur inscrit dans la loi en vue d’encadrer les marges des distributeurs et geler toute importation de fruits et légumes  afin d’assainir le marché.

Il s’agit du simple bon sens, ces mesures ne coûtent rien pour les finances publiques et il y va de la survie des producteurs de fruits et légumes.

Par modef-paca - Publié dans : Fruits et légumes
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Vendredi 5 juin 2009

Le projet de loi destiné à mettre en œuvre les orientations du Grenelle de l'environnement doit être définitivement adopté par les parlementaires durant l'été 2009. Parmi les nombreuses mesures qui vont être soumises au vote des députés et sénateurs figure un important volet qui concerne l'agriculture. Une délégation composée de Marianne Bonebeau,  présidente de la commission environnement du Modef et de Jean Marin Desprez, directeur du Modef Paca a été auditionnée le 13 mai dernier par Odette Herviou, sénatrice socialiste des Côtes d'Armor afin de transmettre les propositions du Modef sur ce projet de loi.

Rappelant  le contexte de crise majeure dans lequel se trouve l'agriculture, les délégués du Modef ont développé point par point les réflexions de leur syndicat sur les enjeux agricoles du Grenelle de l'environnement, en insistant sur le fait que la crise est aggravée par la loi de modernisation de l'économie (LME) donnant tout pouvoir à la grande distribution et par la dérégulation en cours de la Pac, avec à la clé une montée prévisible des importations et des effets particulièrement dévastateurs pour  les exploitants familiaux, les territoires et l'environnement.

Relocaliser les productions agricoles et alimentaires

«  Le Modef est tout à fait favorable à ce que l'agriculture française poursuive les efforts déjà entrepris depuis de nombreuses années y compris en matière de formation pour mieux prendre en compte l'environnement, comme par exemple la lutte raisonnée, la traçabilité, ou encore dans le cadre des CTE quand ces derniers existaient encore, mais il ne faut surtout pas que cela se fasse en introduisant de nouveaux différentiels de concurrence et en favorisant encore plus les importations sans aucune norme sociale et environnementale ».  «  Pourquoi n'y a t-il pas d'harmonisation européenne sur les produits phytosanitaires, sans parler des importations extracommunautaires ? » a dénoncé Marianne Bonebeau en introduction. «  Il ne peut y avoir de Grenelle de l'environnement sans résoudre le problème majeur de l'escalade des importations agricoles et alimentaires, y compris en bio où les cahiers des charges sont différents d'un pays à l'autre ». « C'est une question de sécurité et de souveraineté alimentaire, mais également  d'effet de serre du fait de l'explosion des transports à travers l'Europe et toute la planète» a insisté la responsable du Modef.

« Or sur ce point décisif rien n'est prévu dans le projet de loi. Nous proposons de relocaliser les productions agricoles notamment par la mise en place d'une taxe « Carbone » sur les produits agricoles et alimentaires importés sans nécessité, voire même sur les produits circulant d'un bout à l'autre de la France sans autre justification que la spéculation. Cette taxe pourrait alimenter un fonds agri-environnemental  en vue de financer les mesures de soutien à la multifonctionnalité du travail des agriculteurs. Sur ce sujet, il ne faut pas oublier de taxer les importations destinées à l'alimentation animale, en particulier le soja brésilien ou américain, en mettant en place parallèlement un plan d'autonomie national et communautaire en matière de protéines animales.


Le ministre Barnier vient d'annoncer des mesures de soutien en faveur des circuits courts. Le Modef est tout à fait favorable aux circuits courts, il était plus que temps  que les pouvoirs publics s'emparent de cette question, mais rien n'est annoncé ni en terme de mesures, ni en terme d'engagement budgétaire de l'Etat. Peut-on réussir une politique de circuits courts s'il n'y a plus d'exploitants familiaux ? Si on ne veut pas livrer les circuits courts au libre marché, des mesures contraignantes s'imposent et des moyens financiers suffisants doivent y être consacrés. Le Modef propose notamment la création dans le cadre de tout aménagement commercial d'un seuil minimum de surfaces pour l'installation de magasins coopératifs certifiés paysans en vente directe, hors de toute main mise d'intérêts privés ou de revendeurs peu scrupuleux, au même titre que la loi SRU impose aux communes un minimum de logements sociaux.

Une politique réussie de relocalisation des productions passe aussi pour nous par un volet éducation/sensibilisation des consommateurs, avec un effort particulier en direction des jeunes. Pourquoi ne pas imposer aux GMS l'embauche de salariés pour vendre les fruits et légumes, le libre service ajoutant au gâchis de marchandise une banalisation et une standardisation des produits particulièrement pénalisante ?

Préserver les espaces agricoles

Le Modef est  d'accord pour préserver les espaces ruraux de la main mise croissante des non agriculteurs ou de l'artificialisation/urbanisation anarchique. Mais il ne faudrait pas que cela se fasse au détriment du droit fondamental des agriculteurs d'habiter et de travailler sur leurs terres. Nous sommes très inquiets de la situation actuelle dans nombre de départements, où les permis de construire sont systématiquement refusés aux agriculteurs par les préfets, notamment pour les jeunes qui s'installent. Veut-on que les paysans aillent habiter en ville ? Les SCOT qui se mettent actuellement en place et les trames vertes et bleues inscrites dans le grenelle de l'environnement ne sont guère rassurants par rapport à cet enjeu. Pour notre part, nous demandons l'instauration d'une taxe sur toute transaction foncière et immobilière qui sortirait les terres ou les bâtiments de l'agriculture, taxe dont le produit irait aux Etablissements Publics Fonciers Régionaux ou aux Safer en vue de constituer des réserves agricoles et de réinstaller des jeunes exploitants familiaux.

Le droit de bâtir afin de se loger ou de travailler sur ses terres doit absolument être maintenu, tout comme il est indispensable de protéger tous les espaces agricoles d'une mise sous scellés environnementale, des prédateurs immobiliers et de la dilapidation des terres dans le cadre des schémas d'aménagement en cours de définition, que ces espaces agricoles soient très productifs ou moins productifs, voire déjà en friche. Il est positif qu'une prise de conscience commence à intervenir sur le fait que la terre agricole n'est pas un bien renouvelable, mais si on veut que cela ne reste pas un vœu pieux il faut s'attaquer aux racines du mal : La terre ne peut être considérée comme une simple marchandise source de profits. A l'opposé, elle ne doit pas être considérée non plus comme un bien destiné à être mis sous cloche ou en musée, sous peine d'accepter ultra productivisme et dilapidation des ressources naturelles, atteintes à la souveraineté et sécurité alimentaire au nord comme au sud et montée de l'effet de serre dû aux transports à longue distance.

Produits phytosanitaires, certification des exploitations, bandes enherbées, protection des captages d'eau

« Nous l'avons dit, nous sommes d'accord pour poursuivre l'effort d'amélioration de l'usage de produits phytosanitaires, mais cela passe pour nous par des priorités » a soutenu Marianne Bonebeau : Engager dans ce domaine le même effort en direction des particuliers, des DDE, des sociétés d'autoroute et des collectivités que celui déjà engagé en agriculture, développer la recherche publique avec des moyens publics pour mettre au point des solutions de substitution, sortir de la main mise des multinationales de la chimie notamment en maintenant et développant le conseil  indépendant (MSA, Coopératives, Ceta, GDA,...) et en harmonisant vers le haut la réglementation européenne et mondiale. La certification agri environnementale des exploitations peut être intéressante, à la condition que cela se traduise  par des prix rémunérateurs pour les agriculteurs. L'exemple des labels rouges, voire aujourd'hui du bio montre que cela ne va pas du tout de soi, encore moins dans un contexte de libéralisation des GMS. Rien n'est plus urgent que d'encadrer par la loi les marges de la grande distribution comme le demande le Modef depuis des années.

En ce qui concerne la généralisation des bandes enherbées, pourquoi pas, mais il ne faut pas que cela soit une contrainte sans contrepartie pour les agriculteurs: Nous demandons de sortir du principe pollueur payeur, qui n'est finalement qu'un droit à polluer favorable aux grandes exploitations, et de revenir au principe de rémunération de la multifonctionnalité du travail paysan qui avait fait ses preuves dans le cadre des CTE, quitte à ce que cela se fasse sur quelques mesures ciblées comme les bandes enherbées. La même chose est valable pour la protection des captages d'eau, tout comme - pour revenir sur un précédent sujet - sur les circuits courts. Pourquoi ne pas créer un « CTE circuit court » avec financement de l'Etat destiné à soutenir les projets des exploitants qui souhaiteraient s'orienter dans cette direction ?

Gestion de la ressource en eau, transfert des autorisations de prélèvement des préfets aux chambres d'agriculture

Le Modef s'inquiète des désengagements d'Etat et à terme d'une main mise possible des intérêts privés sur l'eau agricole. L'eau agricole, comme non agricole, est un bien commun de l'humanité et doit être un service public, ont défendu les responsables du Modef. Le transfert possible des autorisations de prélèvements de l'Etat vers les chambres d'agriculture ne risque t-il pas également d'introduire des injustices, quand on connaît le mode de représentation particulièrement inique voire féodal qui a court dans le monde professionnel agricole ? La ressource en eau n'est pas inépuisable, extensible, et les besoins agricoles et non agricoles augmentent. Le Modef est d'accord pour poursuivre l'effort déjà engagé en termes d'économie de la ressource partout où c'est possible, mais dans de nombreuses régions ou pour de nombreuses productions, sans pour autant faire preuve d'ultra productivisme, on ne peut non plus espérer cultiver et donc nourrir les Hommes sans un minimum d'eau. On oublie d'ailleurs trop souvent que dans de nombreux cas, le maintien des nappes phréatiques est dû à l'existence d'une irrigation suffisante. Compte tenu des enjeux liés aux modifications climatiques en cours, le Modef demande de revenir sur les désengagements opérés par l'Etat dans le cadre des contrats de projets Etat/régions et  milite notamment pour la mise en place d'une politique nationale de création de retenues collinaires collectives en vue de satisfaire les besoins agricoles là où c'est indispensable.

L'Europe au cœur du débat

En conclusion, suite à une réflexion de l'élue au Sénat sur le fait que les propositions du Modef étaient certes intéressantes mais que pour beaucoup d'entre elles de nombreuses directives européennes s'opposaient à leur réalisation en droit français, les membres de la délégation ont expliqué qu'il en allait de l'avenir des exploitants familiaux, du potentiel agricole, de l'avenir des territoires et des consommateurs tout comme de l'environnement et qu'à ce titre, si l'on voulait être cohérent avec les objectifs du Grenelle de l'environnement et aller vers un développement durable il fallait changer la politique européenne.

Par modef-paca - Publié dans : Agri-environnement
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Vendredi 23 janvier 2009

Alors que la crise financière étend ses conséquences à l'ensemble de l'activité économique, les organisations syndicales de salariés organisent le 29 janvier prochain une journée nationale de manifestation unitaire portant sur l'emploi, le logement, la réduction des inégalités, la protection sociale et le pouvoir d'achat.

Les exploitants agricoles familiaux paient cash la crise économique et financière, provoquant une chute de leur revenu de 17% en 2008. De leur côté les banques restreignent de manière drastique l'accès des agriculteurs au crédit alors que des centaines de millions d'euros d'argent public leur ont été accordés. Des milliers d'exploitations agricoles sont en rupture de trésorerie.

Les revendications exprimées par les salariés convergent avec celles des exploitants familiaux, notamment sur les revenus et les retraites.

Dans un contexte de baisse permanente des prix agricoles, les exploitants familiaux exigent majoritairement la rémunération de leur travail. Le Modef porte la revendication de la tenue d'un grenelle des prix agricoles. L'exigence d'une revalorisation des retraites agricoles pour les porter au minimum à 75% du SMIC est toujours d'actualité. Sur ces 2 questions comme sur l'urgente nécessité de relancer le crédit bancaire aux exploitants familiaux, la responsabilité est dans le camp du gouvernement.

Pour ces raisons, le Modef appelle les exploitants familiaux à participer aux manifestations du 29 janvier pour créer un front commun des luttes face aux crises et aux orientations du pouvoir.

Par modef-paca - Publié dans : Politique nationale
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Lundi 20 octobre 2008

Alors que la crise financière étend ses ravages au système bancaire européen et que se profile une grave récession économique, Daniel  Roche, Président du Modef paca répond à nos questions sur les conséquences de cette crise en agriculture et apporte des propositions.

Que vous inspire la grave crise spéculative mondiale que nous connaissons actuellement ?

Privilégier les marchés financiers au détriment du productif est une grave erreur et on voit aujourd'hui dans quelle situation catastrophique cela mène. Cela fait des années que le Modef dénonce la dérégulation des marchés agricoles destinée à les placer sous la main mise des marchés financiers et des grandes multinationales de l'agrobusiness et de la distribution. Ces choix politiques, mis en œuvre avec quelques variantes par tous les gouvernements français depuis 1983 et par Bruxelles depuis 1992 ont abouti à une explosion de la spéculation boursière sur les matières premières agricoles avec les conséquences dramatiques pour les éleveurs et les consommateurs que l'on connait aujourd'hui dans le secteur des céréales par exemple. D'un autre côté la grande distribution s'est vue offrir un cadre législatif sur mesure pour spéculer à tout va sur les produits agricoles et alimentaires, aboutissant à privilégier les importations au détriment de la production locale avec des conséquences incalculables sur l'ensemble des paysans et sur les consommateurs. Quand nous dénoncions ces orientations et faisions des propositions sérieuses pour en sortir que ne nous a-t-on pas traité de ringards et de passéistes ! Les preuves concrètes sont aujourd'hui là pour montrer combien le Modef a eu raison de combattre cette logique spéculative et financière infernale. Et combien il est indispensable de continuer à le faire aujourd'hui.

Quelles sont les répercussions immédiates de la crise financière sur les paysans ?

La principale préoccupation porte sur le crédit bancaire. Cela fait déjà quelques temps que les banques sont de plus en plus dures pour accorder des crédits aux producteurs et la crise financière aggrave la situation dans ce domaine. On en ressent les conséquences sur les crédits court terme de trésorerie pour les petites et moyennes exploitations, distribués au compte goutte sur des critères de plus en plus sélectifs. Les banques, en particulier le crédit agricole constituaient encore jusqu'ici un outil permettant à la grande majorité des paysans d'amortir les chocs liés à l'évolution de plus en plus volatile des marchés agricoles, mais cela est en passe d'être remis en question.  Dans un contexte de baisse des prix à la production, des milliers de paysans risquent de ne pas s'en relever.

Quelles propositions faites-vous ?

Les pouvoirs publics annoncent privilégier le crédit aux entreprises, mais il n'y a rien de concret. Nous demandons des mesures immédiates allant dans ce sens. D'autre part, cela ne suffira pas. La crise spéculative montre qu'il faut changer d'orientation dans l'utilisation de l'argent des banques. Recapitaliser les banques avec l'argent public pour essuyer les pertes colossales dues à la spéculation d'accord, mais pas pour continuer dans la même voie et reproduire les mêmes erreurs. Ce qui se passe avec la privatisation en cours de la Poste est éclairant. Au lieu de défendre l'économie réelle on continue de privilégier la financiarisation et les intérêts particuliers de quelques grands spéculateurs. La leçon de la crise actuelle n'est toujours pas tirée en haut lieu.  Notre crainte en agriculture est qu'on aille rapidement vers un système bancaire qui privilégie l'agro industrie mondialisée, voire l'agro finance, c'est-à-dire des exploitations qui spéculent elles mêmes sur les marchés comme on commence à en voir dans le bassin parisien.

Si au lieu de flamber des sommes colossales dans la spéculation on avait développé le productif agricole on en serait pas à la crise qui ravage aujourd'hui le système bancaire et menace de s'étendre à toute l'économie. On n'en serait pas à la crise alimentaire.

Au lieu de continuer à privilégier le spéculatif, nous demandons au contraire d'investir massivement dans le productif agricole à base familiale. Nous exigeons que les banques assurent pour l'heure les prêts de trésorerie à des taux bonifiés. C'est la préoccupation immédiate pour assurer la survie des exploitations.

Mais nous exigeons également de revoir les critères d'attribution pour les prêts de moyen/long terme et de maintenir et renforcer la bonification pour ces derniers, alors qu'elle est aujourd'hui menacée, comme par exemple pour les prêts d'installation ou les CUMA. Les besoins de modernisation sont colossaux pour répondre aux exigences d'un développement agricole durable et sortir du modèle agro industriel, pour maintenir et développer une agriculture familiale respectueuse de l'environnement et des consommateurs, pour rééquilibrer les territoires.  Les critères  de rentabilité du tout financier en favorisant l'agro business et les délocalisations empêchent d'aller dans cette voie et participent au final à gaspiller l'argent dans des activités stériles et à alimenter les crises financières et alimentaires. Il est d'autant plus important de modifier la donne bancaire dans notre secteur d'activité qu'on touche ici à la souveraineté et  à la sécurité alimentaire et à la nécessité de répondre au défi d'assurer les besoins vitaux de l'humanité. Pourquoi ne pas aller vers une maîtrise publique et citoyenne du crédit bancaire pour être en mesure d'assurer ces missions d'intérêt général ?

Par modef-paca - Publié dans : Politique nationale
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Vendredi 3 octobre 2008

L'agriculture biologique sera une nouvelle fois à l'honneur cette année au salon Méditerranéen Interprofessionnel de la Filière Fruits et Légumes (Miffel), qui se tiendra les 14, 15 et 16 octobre prochain au Parc des expositions d'Avignon.

Bio de Provence, le Groupement Régional Agriculture Biologique ainsi que leurs partenaires animeront ensemble le « Pôle bio » (Hall F). Celui ci proposera quatre espaces à thèmes : un point info conversion, un espace développement, un point rencontre pour les professionnels de la bio, et un espace recherche/expérimentation.

Le  principal objectif des organisateurs est d'aller à la rencontre des agriculteurs conventionnels intéressés par la conversion à l'Agriculture Biologique. En effet, la production bio actuelle aussi bien nationale que régionale est largement insuffisante pour satisfaire une demande sans cesse en augmentation, qu'elle provienne des consommateurs, des collectivités, mais aussi désormais des entreprises de la transformation.

Le pôle bio sera animé tout au long du Miffel par des ateliers et démonstrations sur les techniques de culture et la commercialisation.

Cette année l'évènement phare est le lancement de la première journée technico économique consacrée aux fruits bio, qui aura lieu le jeudi 16 octobre, de 10h00 à 18h00. L'objectif est d'apporter aux agriculteurs « les conditions de la réussite, de la production à la commercialisation ».

Une table ronde réunira une grande diversité de professionnels de la bio : Juliet®, Biogarden, Abel & Cole, Biocoop, les Bio du Mas® et Ozebio. Ceux ci exprimeront leurs besoins en produits frais ou transformés, à partir des demandes de leurs clients, et de l'analyse de la consommation présentée en premier lieu par l'Agence Bio. A noter la démarche particulière des Bio du Mas®, agriculteurs bio récemment associés pour transformer et commercialiser toute une gamme de produits bio innovants.

Après un débat avec la salle, suivi d'un buffet bio, l'après midi sera consacrée aux aspects techniques, avec une présentation des résultats technico économiques d'une exploitation arboricole bio. Une visite de vergers de pommes et poires en agriculture biologique, permettra ensuite de montrer l'intérêt des techniques alternatives adaptées au passage en bio.

D'autres animations auront lieu le mercredi, notamment une démonstration d'outils d'entretien du rang en arboriculture et plusieurs conférences : « Contributions de l'agriculture biologique et des choix alimentaires à la réduction du changement climatique », « Culture biologique de tomates : caractéristiques des variétés anciennes », et « L'entretien du pied des arbres : quelles solutions en bio ? ».

Le programme complet des 3 journées est disponible sur le site de Bio de Provence (cliquer ici). Pour tout renseignement veuillez contacter Claire Rubat du Mérac au 04 90 84 43 62 ou Anne Laure Dossin au 04 90 84 43 63.

Par modef-paca - Publié dans : Bio/lutte raisonnée/labels
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