Les ministres de l'agriculture de l'Union européenne ont donné leur accord sur le contenu du nouveau règlement élaboré par la commission de Bruxelles relatif au mode de production biologique et à son étiquetage.
Si ce nouveau texte n'apporte pas aujourd’hui de modification à la liste de substances autorisées dans le mode de production biologique, il ouvre la possibilité à des « exceptions » futures, que ce soit au niveau des productions intracommunautaires comme des importations du reste du monde, et il transfère le pouvoir de décision jusqu’ici dévolu aux Etats en la matière, loin des citoyens, entre les mains de la communauté européenne.
Le nouveau règlement adopte d’autre part le même seuil de tolérance de présence d'organismes génétiquement modifiés que pour les productions conventionnelles, à savoir 0,9%, alors qu’il est techniquement possible de descendre à 0,1%. Ce seuil de 0,9% s’appliquera aux productions intra communautaires comme aux importations.
L'utilisation du logo biologique de l'UE relatif à ce nouveau dispositif moins contraignant sera obligatoire pour toutes les productions bio européennes, mais aussi pour les importations extra communautaires. Il pourra ou non être accompagné de logos nationaux ou privés.
Le Modef paca dénonce un règlement qui en libéralisant le secteur biologique européen va avoir à terme des conséquences insoupçonnées.
En assouplissant les critères de production et d’étiquetage, il répond aux attentes des multinationales de l’agro business et de la distribution qui lorgnent de longue date sur les marchés juteux que sont ceux du bio, sans avoir pu jusqu’ici, notamment en France, outrepasser les cahiers des charges stricts fixés par les producteurs et les pouvoirs publics nationaux.
Ce faisant, on ouvre la porte comme pour les productions conventionnelles à une mise en concurrence des producteurs bio de la planète, à une baisse des prix des produits bio et à une concentration et une agro industrialisation de la production totalement contraire à ce que représente la bio.
Ce n’est pas le fait de laisser la possibilité aux acteurs locaux de maintenir leur propre marque qui résoudra les problèmes. Libéraliser la bio pour l’insérer dans la mondialisation des marchés va induire une désinformation des consommateurs et peser lourdement sur les producteurs bio familiaux.
Producteurs bio, producteurs conventionnels, tout le monde est concerné. Quelque soient les modes de productions, c’est la même logique qui remet en cause l’ensemble des exploitations familiales.
Le Modef Paca lance un appel à l’ensemble des producteurs et des organisations professionnelles et syndicales agricoles : Dépassons les clivages étroits et construisons le front commun indispensable pour s’opposer à la dérégulation des marchés bio comme conventionnels.