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Le modef paca est un syndicat agricole dans la région paca

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L'emprise de la grande distribution sur la filière ovine

Si l’on met généralement l’accent sur les différentiels de prix de revient avec les grands pays producteurs européens ou de l’hémisphère sud pour expliquer les difficultés des éleveurs ovins français sur le marché (60% de la viande ovine consommée en France est importée, 85% dans la région Paca, zone traditionnelle d’élevage !), le rôle de la grande distribution est pour sa part occulté.
 
Une position de quasi monopole. Comme en fruits et légumes, La grande distribution occupe désormais une place ultra dominante sur le marché national de la viande ovine. Avec 78 250 tonnes vendues en 1998 les hypermarchés couvraient 39,4% de la demande des consommateurs, et avec 69 708 tonnes les supermarchés 35,1% (source Ofival). A cette date les GMS (grandes et moyennes surfaces) couvraient donc à elles seules 74,5% de la demande nationale (Carrefour et Leclerc largement en tête), le reste des achats des consommateurs se partageant entre boucheries de proximité et boucheries ambulantes pour 22,5%, la vente directe ne représentant pour sa part qu’un petit 3% de l’offre. Depuis, quelques boucheries de proximité peuvent avoir connu un certain regain d’activité notamment du fait des différentes crises alimentaires, mais le contexte global de difficultés du commerce local rend probable que la part de la grande distribution sur le marché soit aujourd’hui au moins aussi élevée qu’à la fin des années 90.
 
 
La principale activité des GMS en viande ovine : Les importations. La position dominante de la grande distribution serait un moindre mal si cette dernière s’approvisionnait principalement en agneaux français. Or les statistiques publiées par l’Ofival montrent que la majorité des importations françaises sont le fait des grandes centrales d’achat. Avec 95 200 tonnes de viande ovine fraîche en provenance de l’étranger en 1998 les GMS étaient à elles seules responsables à cette date de 55% du total des importations nationales, principalement en provenance du Royaume Uni et d’Irlande. L’ensemble de la restauration - notamment collective mais également les chaînes de restauration liées à la grande distribution - occupait en 1998 le second rang des importations avec 49 350 tonnes achetées hors des frontières nationales (28,9%), l’industrie de transformation (conserves, plats préparés) le troisième avec 11 900 tonnes (7%), tandis que de leur côté les bouchers de proximité vendaient 11 000 tonnes de viande ovine importée soit seulement 6,4% du total national.
 
La part des importations dans le total des ventes de viande d’agneau des GMS représentait 64% en tonnage en 1998, celle des freezer center (magasins de surgelés) 100%, celle de la restauration 93,5%, celle de l’industrie de transformation 90%. Les bouchers de proximité indépendants sont les seuls à s’approvisionner majoritairement en viande française avec seulement 25% de taux d’importation en 1998, mais leur place de plus en plus secondaire sur le marché national (22,5%) ne leur permet plus de soutenir qu’une minorité d’éleveurs locaux.
 
Malgré son expérience, son savoir faire et le potentiel de ses terroirs la France perd chaque année 500 éleveurs ovins et occupe désormais la position de premier importateur mondial de viande ovine.
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