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Le modef paca est un syndicat agricole dans la région paca

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Lourdes menaces sur l'avenir des productions de lavandes françaises

Le Modef demande aux pouvoirs publics des mesures exceptionnelles pour sauvegarder la production AOC.
 
Le travail de haute qualité des producteurs de lavande provençaux est unique au plan mondial. A tel point qu’il sert de référence pour le secteur de la parfumerie haut de gamme et qu’il a justifié la mise en place en 1997 d’une AOC spécifique. Mais cela ne doit pas cacher les très lourdes menaces qui pèsent aujourd’hui sur l’ensemble de la filière.
 
On assiste en effet depuis 2004 à un effondrement des cours de l’essence de lavande, passant en moyenne de 42 à 28 euros (-35%). L’ouverture des marchés mondiaux et la concurrence déchaînée des lavandes de bas de gamme en provenance des pays d’Europe centrale et de Chine sont la principale cause de la situation dramatique que vivent aujourd’hui les producteurs.
 
Dès 2002, le MODEF PACA avait alerté sur les graves dangers auxquels était confrontée la filière et sur les menaces qui pesaient sur l’AOC compte tenu de l’inadaptation des mesures alors engagées par les pouvoirs publics.
 
Nous exprimions à cette époque nos plus vives critiques à l’encontre de la stratégie du négoce, de la profession et du ministère consistant à développer en France les lavandes clonales à fort rendement et de moindre qualité que les lavandes fines de population AOC, indiquant que « l’objectif du positionnement sur les mêmes marchés que la concurrence d’Europe centrale ou d’Asie était une stratégie à courte vue qui ne pourrait aboutir qu’à une impasse : Impasse économique, « dans la mesure où les coûts de production français ne nous permettront jamais de lutter à arme égale avec la concurrence », et impasse qualitative « compte tenu du fait que la force de la production française est le haut niveau de savoir faire de ses producteurs consacré par l’AOC, label qui peut leur permettre de se défendre et servir de locomotive pour toute la filière».
 
Après seulement 3 années de mise en œuvre de ces orientations libérales, ce n’est pas uniquement la production nationale qui est aujourd’hui remise en cause, mais c’est aussi le secteur du négoce lui-même qui est gravement fragilisé. 
 
Dans ce contexte d’affaiblissement, la filière lavandicole est confrontée à un autre enjeu majeur : celui de la nouvelle réglementation européenne applicable d’ici fin 2006 (« règlement Reach ») destinée à juste titre à encadrer sévèrement l’usage des composants d’origine chimique dans toutes les fabrications non alimentaires (cosmétologie, peintures,…). Cette nouvelle réglementation va se traduire par la mise en application de la traçabilité sur l’ensemble des produits concernés, qu’ils soient élaborés en Europe communautaire ou importés.
 
Dans ce domaine, la filière lavandicole nationale qui est tournée depuis de longues années vers l’extensif et vers l’amélioration de ses pratiques culturales, notamment dans le cadre de l’AOC, a des atouts décisifs à faire valoir par rapport à la concurrence, dont les normes qualité sont pratiquement inexistantes.
 
Mais entendre s’appuyer uniquement sur le règlement Reach pour résoudre les problèmes auxquels sont confrontés les producteurs ne suffira pas. Des choix politiques majeurs restent posés : Les pouvoirs publics français et européens vont-ils oui ou non sortir du dogme de la concurrence à tout prix et des réductions budgétaires drastiques qui leur sont liées, pour prendre les décisions de soutien à la qualité et d’encadrement des marchés qui s’imposent ? Si tel n’était pas le cas, la question de la remise en cause définitive de la production lavandicole nationale serait alors posée.
 
LES PROPOSITIONS DU MODEF POUR LE MAINTIEN DE LA FILIERE LAVANDE
 
1) Soutiens d’urgence pour faire face à la crise
 
- Le Modef condamne l’extrême faiblesse des enveloppes attribuées par le ministère pour faire face à la crise (100 000 euros au plan national) et demande de toute urgence au minimum leur doublement. Cette grave insuffisance budgétaire aboutit à mettre en place des critères d’attribution sélectifs inacceptables : Les soutiens de l’Etat ne seront distribués qu’aux producteurs dont la surface en production de lavandes est supérieure à 10 ha. Compte tenu de ces critères, seulement 49 demandes d’aides ont pu être déposées au niveau national ! Pour donner un aperçu de l’iniquité de ce dispositif, aucun producteur du département des Hautes Alpes ne possède les surfaces suffisantes pour pouvoir en bénéficier !
 
- Le Modef demande parallèlement que des mesures exceptionnelles de dégrèvement des cotisations sociales et fiscales et d’échéance de prêts bancaires soient accordées.
 
2) Défense de la qualité
 
Les producteurs de lavande sont en droit d’attendre des mesures de soutien beaucoup plus ambitieuses de la part des pouvoirs publics. Il y va non seulement de la pérennisation de leur activité, mais également de la vie économique et sociale des communes rurales de montagne sèche et de l’équilibre du territoire, ainsi que de l’avenir du potentiel touristique des secteurs concernés.
 
-       Aide à la production de qualité et lutte contre les coupes de parfumerie banalisées : Nous demandons le rétablissement de l’aide de 3 euros/kg aux producteurs de lavande fine afin de maintenir la qualité par rapport à la concurrence des lavandes clonales.
-       Soutien promotionnel : Des fonds publics doivent être consacrés à une grande campagne de promotion grand public sur l’AOC lavande.
-       Les Budgets agri environnementaux en faveur des CAD, déjà en retrait drastique par apport aux CTE, viennent encore d’être réduits de 60% en 2006. Plus aucun producteur de lavande ne pourra désormais bénéficier des soutiens à la qualité qui leur étaient ouverts par ces contrats innovants. Le Modef demande une toute autre politique agri environnementale française et européenne, pour que le terme « durable » ne soit pas qu’un argument de façade. Nous demandons dans l’immédiat que les producteurs de lavande soient considérés comme prioritaires. Au-delà de cette mesure d’urgence, nous exigeons le retour aux enveloppes budgétaires allouées nationalement dans le cadre des CTE, ainsi que le rétablissement de la modulation des aides (prélèvement sur les aides communautaires attribuées aux « grosses exploitations ») pour pouvoir assurer leur financement.
 
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