Ce n'est pas sans une exceptionnelle gravité que les producteurs de fruits et légumes de PACA font le double constat de la permanence des situations de crise affectant depuis maintenant près de 2 ans leur secteur et de l'absence coupable de réaction concrète de la part des pouvoirs publics à leur égard.
De promesses non tenues du ministre de l'agriculture en belles paroles destinées à « assurer le soutien des pouvoirs publics » aux paysans écrasés par la concurrence internationale et par la grande distribution, sans aucun acte concret vis-à-vis des marchés, la situation ne peut en réalité au fil du temps que s'aggraver.
Nul besoin d'être un grand économiste pour en comprendre les raisons: Depuis l'an dernier, conformément aux injonctions de l'OMC, toute intervention sur les importations (quotas, calendriers, droits de douane, contrôles aux frontières,...) est largement levée, laissant le champ libre au négoce international et à la grande distribution pour organiser leurs achats où et quand bon leur semble et accroître ainsi sans aucune limite leurs marges et remonter des taux de profit déjà élevés, au détriment des fournisseurs locaux et des consommateurs.
Les « outils de gestion de crise » acquis par la lutte unie des paysans et mis en place par le ministère l'an dernier, bien que désormais inscrits dans la législation française, y compris en terme de décret d'application ne sont pour l'heure toujours pas appliqués, faute de volonté des politiques de s'attaquer à la sacro sainte toute puissance de la grande distribution sur le marché.
Bilan : il suffit de quelques jours de télescopage des productions locales avec les produits d'importation à très bas prix pour faire chuter les cours, et ceux-ci ne remontent que difficilement du fait notamment des prix très élevés pratiqués en rayon : Entre 5 et 10 fois le prix d'achat au producteur ! On est dans une spirale infernale, les producteurs vendent à perte et les consommateurs achètent de moins en moins de fruits et légumes.
Le coefficient multiplicateur est inscrit dans la loi depuis juillet 2005 mais n'est pas activé, alors qu'il suffirait d'une simple volonté du ministre. Or le coefficient multiplicateur aiderait amplement à résoudre la situation :
- En obligeant le grand négoce et la grande distribution à augmenter leur prix d'achat aux producteurs pour pouvoir faire des marges correctes.
- En les obligeant à baisser les prix à la consommation, ce qui permettrait de relancer la demande
- En freinant les importations, qui perdraient toute utilité en terme d'accroissement des marges des grands intermédiaires et retrouveraient ainsi leur rôle d'appoint en vue de répondre, si nécessaire, à la demande.
Cette mesure ne coûterait pas un centime ni à l'Etat, ni aux collectivités locales ni au contribuable. Elle permettrait de donner aux paysans un revenu correspondant à leur travail et aux consommateurs d'acheter plus souvent des fruits et légumes, produits indispensables à la santé. Qui plus est, le coefficient multiplicateur favoriserait la qualité française, alors que les normes des produits importés sont inférieures aux nôtres. Il favoriserait également une amélioration sociale dans les pays qui inondent le marché de produits à bas prix, en poussant les importateurs à augmenter leur prix d'achat afin de dégager des marges correctes. QU'ATTENDENT LES POUVOIRS PUBLICS POUR L'ACTIVER ?
LE RAPPORT DES FORCES DOIT GRANDIR. PAYSANS, CONSOMMATEURS NOUS SOMMES VICTIMES DE LA MEME LOGIQUE. ELARGISSONS L'ACTION POUR CONTRER LE MONOPOLE DE LA GRANDE DISTRIBUTION ET POUR FAIRE ENTENDRE RAISON AUX POUVOIRS PUBLICS.