La non application du coefficient multiplicateur encore et toujours au centre de la situation
Ces trois productions connaissaient déjà une situation larvée de prix peu élevés depuis leur entrée en production il y a plusieurs jours, voire plusieurs semaines (concombre), faisant craindre le pire aux paysans concernés.
La principale raison du pur et simple effondrement des cours qui touche désormais ces 3 filières n’est pas à chercher bien loin.
Alors que la grave crise que vient de subir cet été le secteur des pêches et nectarines n’a donné lieu à aucune mesure d’encadrement des marges des distributeurs par l’Etat, la grande distribution s’en trouve d’autant plus fondée à continuer d'imposer ses pratiques sur les autres produits.
Si l’inapplication de la loi sur le coefficient multiplicateur a été catastrophique pour les producteurs de pêches, elle a donc tout autant de conséquences sur toutes les autres filières, ainsi placées sous la menace permanente de l’entière liberté d’action des centrales d’achat et d’une chute des cours.
Le Modef réitère sa demande au gouvernement d’agir une bonne fois pour toutes afin non seulement de permettre de redresser les cours pour les 3 productions qui viennent d’entrer officiellement en crise, mais aussi pour que la grande distribution se sente à l’avenir enfin concernée non pas par le biais d’une menace hypothétique et illusoire qui continue de montrer toute son inefficacité, mais par l’application concrète et bien réelle de la loi.
La mise en route immédiate du coefficient multiplicateur est d’autant plus cruciale que le secteur de la tomate enregistre lui aussi de son coté depuis plusieurs semaines des prix bas qui ne lassent pas d’inquiéter les producteurs dans l’attente d’une hypothétique remontée des cours pour sauver leur année. Et que celui du raisin de table dont la campagne ne fait que débuter connaît d’ores et déjà des prix à la production dramatiquement inférieurs aux prix de revient (0,90 euro le kilo actuellement pour le muscat du Ventoux par exemple, alors que les prix de revient moyens se situent autour de 1,05 euro). Une situation de bas prix dès l’entrée en production qui fait généralement figure d’exception en début de campagne, où les prix sont habituellement plus élevés. Mais une situation qui tend désormais depuis 2 ans à devenir la norme pour tous les fruits et légumes, la grande distribution jouant habilement sur les cours par les importations à bas prix juste avant l’entrée en production en France.
Jusque quand les pratiques spéculatives de la grande distribution, assises sur les bas prix à la production et sur ceux excessivement élevés à la consommation - que ce soit sur les produits locaux ou encore plus sur les produits importés - vont-elles exercer leurs ravages sur les producteurs et les consommateurs ?