Suite notamment aux protestations du Modef, le ministre de l’agriculture a fini par compléter le dispositif d’aides dramatiquement faible annoncé fin février dernier en Arles, mais les nouvelles annonces sont encore très loin de faire le compte.
- Les 1,5 millions d’euro d’aides directes à la trésorerie initialement prévus sont maintenus en l’état alors que les besoins des producteurs pour pouvoir redémarrer la campagne de printemps sont considérables. Pour donner une idée de la faiblesse de cette enveloppe, il suffit de la diviser par le nombre de producteurs concernés : on aboutit à des sommes dérisoires comprises entre 1000 et 1500 euro par exploitation.
- Une enveloppe nouvelle de 4,5 millions d’euro est annoncée pour aider les caisses MSA à prendre en charge un report des cotisations patronales et salariales des exploitants. Mais cette enveloppe ne représente que 3500 à 4500 euro en moyenne par exploitation (rappelons que les productions de légumes sont de fortes utilisatrices de main d’oeuvre) et sa faiblesse risque de placer les caisses MSA, déjà lourdement affectées par les crises successives devant la nécessité de durcir les critères d’accès.
- Pour finir, une enveloppe nouvelle de 1,5 millions d’euro est annoncée pour l’exonération des cotisations patronales et salariales des exploitants les plus touchés par la crise. Même si il faut se féliciter de cette décision on ne peut que constater l’insuffisance des sommes au regard de la situation catastrophique des producteurs.
Devant la gravité de la situation, le Modef demande une réponse de grande envergure de la part du ministre de l’agriculture :
- Déblocage de 15 millions d’euro d’aides directes
- Privilégier l’exonération des cotisations patronales et salariales plutôt que leur report et y consacrer des sommes beaucoup plus importantes
- Mettre en place un dispositif de report d’annuités d’emprunt bancaire avec prise en charge des intérêts de retard et de report.
Rappelons pour juger de la faiblesse du plan d’aides que les pertes estimées des producteurs s’élèvent rien que pour la salade à 50 millions d’euro, cela sans compter les 3 autres productions (choux fleurs, poireaux, endives) également confrontées à la crise, et sans parler pour certains producteurs des dettes des années précédentes non terminées de rembourser.
Au-delà des annonces ministérielles, déjà tardives en elles mêmes, il y a d’autre part urgence à agir pour mettre en place concrètement le dispositif, nombre d’exploitants étant placés dans des situations financières insurmontables. A ce titre, le Modef renouvelle par ailleurs son appel à l’arrêt immédiat de toute poursuite contre les producteurs.