Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le modef paca est un syndicat agricole dans la région paca

Publicité

Le coefficient multiplicateur n'est ni une farce et attrape, ni une bombe atomique

Depuis 3 mois des milliers de producteurs vendent leur salade à perte et sont aujourd'hui au bord de la faillite. Dès le début du mois de décembre le Modef avait alerté les pouvoirs publics et demandé comme la loi le prévoit la mise en route du coefficient multiplicateur afin de prévenir l’approfondissement de la crise en répartissant équitablement la part excessive accaparée par la grande distribution entre tous les acteurs de la filière, du producteur au consommateur.
 
L’argument avancé par l’interprofession pour justifier la non application du coefficient multiplicateur, à savoir que ce dernier serait plus efficace comme arme de dissuasion dans les négociations commerciales avec la grande distribution que comme instrument effectif, a largement démontré son inefficacité. Les récentes mises en demeure du ministre lui-même restent lettre morte et ce n’est pas une surprise. Les cours de la salade sont toujours aussi bas.
 
Les injonctions ou la menace ne peuvent suffire. La grande distribution représente 80% des ventes de fruits et légumes en France et fonctionne qu’on le veuille ou non sur une logique qui s’oppose à la rémunération du travail paysan et qui pousse de manière grandissante à la concentration sans limite des exploitations et à la délocalisation des productions.
 
Dans ce rapport inégal, les exploitants agricoles deviennent aujourd’hui de simples sous traitants. Les intermédiaires publics, privés ou coopératifs sont dans la même situation. Les MIN sont remis en cause, les faillites de négociants s’accroissent, les Organisations de Producteurs sont placées devant le fait accompli. Au bout de la chaîne, le commerce de proximité est gravement affaibli. La diversité de l’offre de distribution de produits alimentaires se réduit dangereusement. Toute fuite en avant dans la concentration des intermédiaires ne peut qu’accélérer cette évolution.
 
Ne pas modifier les règles du jeu et privilégier la grande distribution en lui laissant les mains libres est suicidaire. Ce n’est pas la première crise. 20% des producteurs de fruits et légumes ont déjà disparu depuis 5 ans dans notre pays, avec toutes les conséquences en matière d’emploi rural, de déséquilibres territoriaux et de souveraineté alimentaire. Il est intolérable de laisser poursuivre en ce sens, alors que les outils législatifs existent pour agir. C’est une question de salut public.
 
La recherche du profit maximum par certains ne justifie pas la disparition des paysans.
 
Le Modef demande solennellement au ministre d’appliquer la loi et de prendre toutes ses responsabilités en instaurant immédiatement le coefficient multiplicateur, qui est une mesure qui ne coûte pas un centime à la collectivité. Il y va de l’intérêt général, de l’avenir de milliers de producteurs, mais aussi de celui des deniers publics. La grande distribution elle-même s’y retrouverait car en baissant les prix à l’étal, le coefficient multiplicateur relancerait la demande des consommateurs.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article