Pourquoi un coefficient multiplicateur ?
Devant la multiplication des crises et après des mois de luttes activement soutenues par le Modef, les producteurs de fruits et légumes ont obtenu en février 2005 le rétablissement par le parlement du coefficient multiplicateur. Cet outil permettant d’encadrer les marges des distributeurs en maintenant des niveaux de prix à la production rémunérant le travail paysan et en empêchant la hausse des prix à la consommation existait depuis la libération. Il a été supprimé en 1987.
Dans le décret d’application promulgué à l’automne 2005, le gouvernement a contre l’avis du Modef considérablement amoindri la portée du coefficient multiplicateur voté par l’Assemblée et le Sénat en le limitant aux seules productions en crise, évacuant le rôle éminemment préventif du mécanisme, notamment par rapport aux importations à bas prix.
Mais bien que limité, le coefficient multiplicateur existe. Des seuils de déclenchement par produit ont été fixés par les pouvoirs publics, seuils prenant en compte divers critères, en premier lieu le taux de la baisse du prix du produit par rapport à la moyenne hebdomadaire des 5 dernières années (Consulter ici les indicateurs quotidiens)
Le ministère refuse d’appliquer la loi
Or, et pour en rester aux termes restrictifs du décret d’application ministériel, salades, courgettes, melons, pêches et nectarines, mais aussi artichauts et choux fleurs ont connu depuis le début de l’année 2006 des baisses de prix et des méventes largement suffisantes pour que leur soit appliqué le mécanisme tant attendu d’encadrement des marges de la distribution et de protection des producteurs et des consommateurs. Au moment même de la publication de cet article, les pêches et nectarines sont officiellement en situation de "crise conjoncturelle", crise devant déboucher sur l'instauration immédiate du coefficient multiplicateur pour ces productions.
Malgré les demandes réitérées du Modef et l’organisation tout au long de l’année 2006 de multiples actions publiques par ses élus et militants en Paca comme dans tout le pays, le coefficient multiplicateur reste toujours pour l’heure dans un placard du ministère.
La grande distribution est elle au dessus des lois ?
Le bilan de cette inertie gouvernementale est déplorable : les producteurs ont de nouveau perdu en revenu par rapport au travail effectué et à la hausse des coûts des matières premières nécessaires à la production. Les consommateurs ont de leur côté acheté moins de fruits et légumes, limitant les débouchés pour la profession. La grande distribution a encore et toujours largement profité de la situation. Alors que des milliers de producteurs sont au bord du dépôt de bilan, que des millions de citoyens restreignent leurs achats de fruits et légumes, le blocage ministériel est totalement inacceptable ! Il faut sortir de cette spirale infernale.
Le coefficient multiplicateur: Un outil juste et efficace
Les fédérations départementales Modef de la région Paca demandent aux pouvoirs publics la stricte application de la loi. Elles exigent l’assainissement des marchés par la juste répartition du fruit du travail paysan entre les différents acteurs. Seule la mise en oeuvre du coefficient multiplicateur, qui ne coûte pas un centime à la collectivité, contrairement aux aides ou à la baisse des charges sociales, peut y parvenir. Cette application peut par la même occasion relancer la consommation de fruits et légumes et permettre aux producteurs de pérenniser leur exploitation et d’envisager leur avenir avec sérénité.