En conclusion du Congrès des J.A. aux Sables d’Olonne, le Ministre de l’Agriculture est revenu sur les mesures décidées la veille à BRUXELLES au niveau de la distillation des vins.
Ces mesures que le MODEF 84 considère très insuffisantes au niveau des prix vont être complétées, a dit le Ministre, par des mesures nationales qui permettront d’atteindre pour les vins de table un revenu équivalent à un prix de 2,90 € le degré/hectolitre pour un degré moyen de 12°. La subvention sera plafonnée à 5 000 € par viticulteur pour une quantité à distiller de 450 Hl au maximum.
Pour les A.O.C., l’aide permettra d’atteindre un revenu équivalent à 3,35 € le degré/Hl dans la limite de 5 000 € par viticulteur.
Le MODEF 84 déclare que ces aides ne sont pas de nature à assurer un revenu décent aux viticulteurs. Notoirement insuffisantes, elles couvrent à peine les frais et charges de production.
Ce n’est pas non plus en distillant que l’on parviendra à assainir le marché des vins.
En effet, pendant que les viticulteurs français ou italiens distilleront, y compris des vins de qualité, les pays viticoles émergeants prendront progressivement notre place sur nos propres marchés, l’O.M.C. qui est la négation même du Marché Commun et de la préférence communautaire permettant les importations massives de vins de ces pays.
Il en est de même de la politique d’arrachage, après les arbres fruitiers et la vigne, que restera t’il de nos productions méridionales compte tenu de la situation de crise profonde qui domine également dans le secteur maraîcher ?
C’est en fait l’ensemble de l’agriculture de nos régions qui est en danger de mort.
Depuis le phylloxera, la crise viticole actuelle est de loin la plus longue et la plus grave de toutes les crises traversées par la viticulture de notre pays.
Le Gouvernement se doit d’en tenir compte et ce, d’autant plus que la réfortme de l’O.C.M. viticole (Organisation Commune de Marché) actuellement en gestation vise purement et simplement à la désorganisation du marché des vins tant au niveau de la gestion que de l’organisation des marchés. A terme, c’est la négation même des appellations contrôlées qui s’inscrit en filigrane dans le projet de Bruxelles.
Reprenant les termes du MODEF, la FNSEA et les JA vont même jusqu’à dénoncer ce projet de "réforme 'ultra-libéral "
Bien qu’un peu tardive cette position ne nous surprend pas. Elle nous convient même parfaitement tant elle souligne et mesure la gravité de la situation de la viticulture. Aujourd’hui le temps de la réflexion et des atermoiements est dépassé.
Le MODEF appelle l’ensemble de la viticulture et des organisations agricoles et viticoles à la protestation et à l’action pour en finir une bonne fois pour toutes avec ces crises qui n’ont pas d’autres buts que de liquider des secteurs entiers de l’économie de notre pays.
Le MODEF de Vaucluse