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Le modef paca est un syndicat agricole dans la région paca

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On ne peut prôner l'arrachage et défendre la viticulture française et européenne

A quelques jours de la décision finale de Bruxelles visant à libéraliser en grand dès 2008 le secteur viticole européen, les députés français viennent de voter une résolution déposée par Thierry Mariani, député vauclusien (voir ici) qui non seulement apporte un soutien au plan d’arrachage de 200 000 ha de vignes, mais demande également d’en accélérer le calendrier en le ramenant de 5 ans à 3 ans, afin « de le rendre plus incitatif et efficace ».
 
Certes, les députés français émettent à juste titre dans cette résolution des réserves sur la suppression des droits de plantation et de la distillation de crise, sur la libéralisation des pratiques œnologiques ou encore sur la remise en question du lien au terroir prévus par la réforme que Bruxelles se prépare à engager dans les semaines qui viennent.
 
Mais soutenir le plan d’arrachage, y compris en en redemandant plus, n’est il pas suicidaire pour l’avenir de la viticulture française ?
 
Car le plan viticole européen que Bruxelles s’apprête à mettre en oeuvre comporte une cohérence et une logique d’ensemble, dont l’arrachage est un des piliers décisifs : abandonner des parts de marché à la concurrence viticole mondiale.
 
Le Modef Paca interpelle les parlementaires français sur la contradiction qu’il y a à dissocier arrachage et libéralisation du secteur viticole.
 
Dans son rapport d’information sur la situation de la viticulture qui a précédé le vote de la résolution, Thierry Mariani lui-même indique que non seulement la demande mondiale en vin poursuit sa progression sur un rythme soutenu, mais également que l’offre mondiale connaît un important déficit pour l’année en cours. Ne doit on pas à réfléchir à d’autres solutions qu’à rendre plus efficace l’arrachage dans un tel contexte ?
 
N’y a-t-il pas par ailleurs une contradiction de taille entre la demande tout à fait fondée qui est faite à Bruxelles par les députés français de débloquer des aides pour promouvoir le vin européen face à la concurrence sur notre propre marché et le principe même de l’arrachage ?
 
L’arrachage va porter essentiellement sur les petits et moyens viticulteurs, sur les appellations ou les communes les moins « prestigieuses » et va remettre en cause la survie de leurs caves viticoles, ces dernières ayant investi des sommes considérables dans la modernisation et la mise aux normes de leur outil de production afin d’être plus compétitifs tout en améliorant la qualité.
 
Il faut arrêter le gâchis. Le plan d’arrachage représente 1,2 milliards d’euro de fonds communautaires, sans compter la participation des Etats. N’y a-t-il pas à réfléchir à utiliser autrement cet argent, au moment même où les trésoreries des viticulteurs et des caves sont exsangues ?
 
N’y a-t-il pas à engager un programme de soutien pour poursuivre résolument la modernisation et l’amélioration de la qualité du secteur viticole français et communautaire ?
 
N’y a-t-il pas à consacrer beaucoup plus de moyens que la très insuffisante enveloppe de 130 millions d’euro prévue par la commission pour la promotion de la qualité des vins européens sur le marché mondial ?
 
Il est indispensable de réagir. Le Modef Paca alerte les vignerons et l’ensemble des organisations professionnelles sur les immenses dangers que fait courir le plan viticole européen et l’arrachage à la profession. Ce n’est pas en s’affaiblissant que l’on regagnera des positions perdues, mais au contraire en s’appuyant sur nos atouts et en les valorisant : Savoir faire viticole et référence mondiale en terme de qualité.
 
La crise qui sévit doit servir de leçon : Plutôt que la fuite en avant éperdue dans la libéralisation des marchés prônée par Bruxelles, il est au contraire déterminant d’engager au plus vite un débat européen et mondial sur la remise en route d’instruments de régulation beaucoup plus performants, à commencer au sein du marché communautaire.
 
              Marianne Bonebeau                                    Daniel Roche                                                      Louis Grena
    Présidente du Modef de Vaucluse                   Président du Modef des Bouches du Rhône                Président du Modef du var
 
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