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Le modef paca est un syndicat agricole dans la région paca

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De la "Fraich'attitude" toute l'année !

Le Modef paca exprime son plus total soutien à la semaine de la Fraich’attitude organisée dans toute la France du 17 au 28 mai par Interfel et Aprifel avec l’appui du ministère de l’agriculture et en partenariat avec de nombreuses collectivités locales, afin de sensibiliser l’opinion publique, et notamment les jeunes, sur l’enjeu que représente pour la santé la consommation des fruits et légumes frais.
 
Alors que sous l’impulsion des multinationales de l’agro alimentaire et de la grande distribution se développent à grands renforts de budgets publicitaires les habitudes alimentaires à base de produits sucrés ou gras les plus malsaines, et que la France est un des principaux pays producteurs de fruits et légumes européen, il est en effet indispensable que les pouvoirs publics consacrent tous les moyens pour sensibiliser l’opinion et pour mobiliser les acteurs locaux.
 
Mais le Modef paca tient également à l’occasion de cette semaine nationale des fruits et légumes à attirer l’attention sur la réalité de la situation et sur les graves difficultés que vivent des milliers de producteurs.
 
Depuis maintenant 2 ans les prix à la production connaissent une baisse dramatique du fait de l’ouverture en grand des marchés français et européen à la concurrence à bas prix et des pratiques abusives de la grande distribution, qui contrôle désormais en position de véritable monopole 80% des ventes de fruits et légumes dans notre pays, et 60 à 70% en Europe. Dans ce contexte, ne pas vendre sa production à perte et pouvoir vivre de son travail deviennent pour l’immense majorité des paysans un véritable tour de force. Des centaines cessent chaque année leur activité.
 
Mais il y a encore plus scandaleux : Les baisses de prix imposées aux producteurs sont loin d’être répercutées dans les rayons par les grandes enseignes. Tout au contraire, plus les prix à la production des fruits et légumes diminuent, plus les prix affichés à l’étal augmentent, à tel point qu’il n’est plus rare de constater des écarts absolument non justifiés de l’ordre de 5 voire même 10 fois entre le producteur et le consommateur. Avec cette politique de marges à tout prix, le grand négoce international et les dividendes des actionnaires de la grande distribution ne se sont jamais aussi bien portés qu’aujourd’hui et les achats par les consommateurs aussi mal.
 
Depuis 2004, les statistiques indiquent une baisse de 20% de la consommation de fruits et légumes frais en France. Certes, cette évolution préoccupante est à mettre en parallèle avec la montée en force des produits de marketing, mais en partie seulement : Alors que le pouvoir d’achat de la grande majorité des ménages continue de diminuer, que leur endettement augmente, la hausse des prix des fruits et légumes à l’étal est aussi pour beaucoup dans cette baisse de la demande. Quel impact concret peut avoir dans un tel contexte une campagne promotionnelle pour la santé alimentaire, si des millions de consommateurs n’ont pas les moyens d’y accéder ? La campagne nationale « 10 fruits et légumes par jour» déjà engagée ces dernières années, aussi indispensable et utile soit elle, en fait la démonstration. Elle n’a en effet pas suffi à elle seule à enrayer la forte baisse de la consommation de fruits et légumes enregistrée depuis maintenant 2 ans.
 
Les pouvoirs publics sont au pied du mur et il est grand temps pour eux de sortir de la politique de la concurrence à tout prix et du laisser faire. Alors que nous nous apprêtons à fêter l’anniversaire du refus de l’Europe libérale lors du référendum du 29 mai 2005, rappelons leur que le message qui leur a alors été majoritairement transmis est toujours d’actualité. Pour permettre aux producteurs de vivre de leur travail et aux consommateurs d’acheter régulièrement des fruits et légumes, il faut de toute urgence que le gouvernement décide d’encadrer les marchés, en activant le coefficient multiplicateur inscrit dans la loi, en interdisant les marges arrières pratiquées par la grande distribution, et en négociant des accords internationaux mutuellement avantageux limitant à la plus stricte nécessité les importations à bas prix.
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