Le modef paca est un syndicat agricole dans la région paca
Avec plus de 7000 exploitations arboricoles et près de 31 000 hectares de vergers, la région PACA est la première des régions françaises productrices de fruits, avec des filières aussi diversifiées que la pomme, la poire, la cerise, la pêche, l’abricot, la prune ou encore le raisin de table. Secteur économique de premier plan générant près de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, la filière arboricole régionale totalise plus de 25000 emplois, dont 8700 emplois familiaux, 2000 salariés permanents et 14600 saisonniers. Elle irrigue en amont ou en aval près de 15 000 emplois induits (matériel agricole, approvisionnements, conditionnement, commercialisation, agro alimentaire, banques….). Mais l’arboriculture provençale joue également un rôle considérable en terme de structuration du territoire, notamment pour la vie des communes rurales, le commerce, l’artisanat et les services publics de proximité, ainsi qu’en terme d’équilibre environnemental (maintien des paysages, de la biodiversité, prévention des incendies,…). Or la filière fruit nationale traverse depuis plusieurs années déjà une crise structurelle due à l’ouverture des frontières communautaires aux produits d’importation à bas prix, qui s’est traduite entre 1997 et 2002 en PACA par l’élimination de près de 30% des exploitations arboricoles et de 20% des surfaces cultivées. Depuis 2004, l’accélération de l’ouverture des marchés voulue par l’OMC, par Bruxelles et par l’Etat Français plonge les arboriculteurs qui subsistent dans de très graves difficultés, au point de menacer désormais la pérennité de la filière régionale elle même. La région n’entend pas subir Dans un contexte où les pouvoirs publics français et européens s’obstinent à refuser de prendre les mesures d’encadrement des marchés qui s’imposent, et devant le risque d’aggravation majeure qui se profile à partir de 2010 avec la libéralisation programmée de l’espace économique méditerranéen, Michel Vauzelle, Président de la Région Provence Alpes Côte d'Azur et Nicette Aubert, Vice-Présidente déléguée à l’Agriculture, ont décidé pour leur part d’intervenir en organisant le 6 février dernier à l’Hôtel de Région une concertation avec l’ensemble des acteurs de la filière, qui a réuni près de 200 participants. Objectifs affirmés par les responsables régionaux : Etablir un état des lieux précis, identifier les enjeux et construire des réponses engageant l’ensemble des responsables publics et privés en vue de maintenir la filière arboricole en activité. Cette démarche inédite entend prendre appui sur plusieurs leviers : Schéma régional de développement économique, Contrat de plan Etat Région et FEADER (2è pilier de la PAC), tous en cours d’élaboration à échéance de 2007, afin de mobiliser des cofinancements nationaux et européens sur des actions régionales innovantes susceptibles de permettre la pérennisation de la filière. La nécessité pour les producteurs de fruits de pouvoir bénéficier des DPU communautaires (1er pilier) a par ailleurs également été évoquée, tout comme l’exigence de maîtrise du foncier face à une spéculation croissante. Mais les élus régionaux entendent surtout s’appuyer sur une démarche participative : Dans le prolongement de la réunion du 6 février, la région initie 3 groupes de travail thématiques (recherche développement / qualité des productions / commercialisation), où les différents acteurs de la filière seront invités à venir faire part de leurs propositions concrètes. La région établira une synthèse de ces contributions et déterminera les actions qui lui semblent de son point de vue les plus intéressantes. Le MODEF partie prenante La délégation du MODEF invitée à la conférence du 6 février était composée de Daniel Roche, Président du MODEF 13 et du MODEF PACA, de René Calamel et Gilles Bernard responsables du MODEF 84 et de Jean Marin Desprez, directeur du MODEF régional. Lors du débat avec la salle qui a suivi les diverses interventions liminaires, Daniel Roche a remercié l’exécutif régional pour sa volonté d’engagement sur les problèmes agricoles. Il a notamment rappelé combien avait été important pour les paysans l’appel à voter non du Président Michel Vauzelle lors du référendum, à la fois pour barrer la route à un nouveau coup d’accélérateur libéral mais aussi pour maintenir dans les textes européens le principe de préférence communautaire. Il a néanmoins souligné l’extrême urgence de mesures concrètes pour sauver l’arboriculture régionale. Daniel Roche s’est dans ce cadre interrogé sur les réelles marges de manœuvres financières du Conseil Régional face à l’immensité des besoins et aux désengagements de l’Etat et de l’Europe, qui doivent « faire l’objet d’une opposition résolue » de la part des organisations syndicales et professionnelles, mais aussi du politique. En terme de pistes de réflexion, il a toutefois insisté sur les possibilités qui existent de combattre la domination de la grande distribution en développant la vente directe et les circuits courts sans intermédiaires, créneaux aujourd’hui quasiment inexistants et qui auraient pourtant le mérite de répondre aux attentes de dizaines de milliers de consommateurs, tout en offrant des perspectives de maintien en activité pour une partie non négligeable des paysans. Il a conclu son intervention en indiquant que le MODEF s’inscrira pleinement dans la démarche participative du Conseil Régional et soumettra au débat des propositions lors de la tenue des groupes de travail thématiques.
Une filière régionale de premier plan face à une crise majeure