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Le modef paca est un syndicat agricole dans la région paca

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Arrêt du mouvement des producteurs de salades, la balle est dans le camp du ministre de l’agriculture.

DSC_2324.jpgAprès 5 jours de lutte les producteurs de salades ont levé lundi le blocage du Min de Châteaurenard et redémarré leur récolte. La satisfaction d’avoir relevé la tête et obtenu une certaine remontée des cours  (0,30 euro pièce lundi et mardi dernier au lieu de 0,10 -0,15 avant le mouvement) est néanmoins mêlée au sentiment que rien n’est réglé sur le fond.
 
Bien que les cours ne soient pas remontés au niveau demandé, c'est-à-dire 0,40 euro pièce, de quoi pouvoir vivre dignement de leur travail, les producteurs de salades provençaux ont arrêté leur mouvement. Malgré les appels à l'élargissement de l'action et l'organisation d'une manifestation à Marmande par le Modef du Lot et Garonne,  l’absence de solidarité de la part des producteurs des autres régions de France pour cesser les apports et faire bloc nationalement face aux centrales d’achat a pesé lourd dans la balance.
 
Les centrales d’achat et les grands négociants ont profité de cette désunion pour mettre la pression en jouant le chantage. « Si vous continuez le mouvement, nous nous approvisionnerons ailleurs et vous perdrez définitivement les marchés ». Dans un contexte de croissance rapide des salades du fait du climat exceptionnellement doux pour la saison, le risque de voir perdre durablement l’écoulement de leurs produits a fini par persuader les plus déterminés à reprendre leur activité. 
 
Tous les producteurs sont néanmoins convaincus d’une chose : Si les cours ont remonté, rien n’est réglé sur le fond.
 
Cet avis unanime n'a d'ailleurs pas tardé à être confirmé. Après l’embellie sur les prix de lundi et mardi dernier, les cours diminuent de nouveau (0,25 à 0,23 euro mercredi).
 
La décision du ministre de commanditer une enquête à la Dgccrf sur les marges des intermédiaires et la table ronde ministérielle annoncée vendredi à Paris laissent entrevoir une issue sur le fait que l’Etat va prendre ses responsabilités en décidant les indispensables mesures d’encadrement des marges des distributeurs attendues par les producteurs.
 
Au nom du Modef des Bouches du Rhône et du Vaucluse, Daniel Roche et Marianne Bonebeau demandent que le ministre s’engage lors de la table ronde de vendredi :
 
-       à activer immédiatement le coefficient multiplicateur sur les salades -comme la loi de 2005 le prévoit-, ainsi que sur l’ensemble des autres productions gagnées depuis plusieurs jours par la crise (chou fleur, endives, oignons, poireaux) (voir ici les indicateurs ministériels). Il s’agit de réduire les marges abusives et d’encadrer les pratiques spéculatives de la grande distribution, mesure seule en capacité de répondre aux crises qui se succèdent depuis maintenant 4 ans.
-       A interdire dans loi « Chatel 2 » actuellement en préparation la vente à perte afin de permettre aux producteurs de vivre de leur travail.
-       En mettant en place un dispositif de régulation et de contrôle des importations à bas prix au moment où les productions nationales sont en cours de récolte.
 
La balle est dans le camp du gouvernement. La question se pose de savoir si on veut ou non garder des paysans en France. Sans action résolue de l’Etat pour mettre de la justice en faveur des fournisseurs agricoles de la grande distribution et des consommateurs de produits alimentaires, il est illusoire de penser qu’on pourra résoudre les problèmes.

 

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