Face à la poursuite depuis maintenant plus d’un mois de la chute des cours de la salade et devant l’absence de réaction de la FDSEA et des pouvoirs publics, les producteurs ont décidé de s’unir et de prendre les choses en main.
Près de 400 d’entre eux ont pris solidairement la décision d’arrêter de récolter et de suspendre la livraison de leur production au MIN de Châteaurenard (Bouches-du-Rhône), principale plateforme régionale de transaction de salades, ainsi qu’aux expéditeurs. Ils appellent à poursuivre l’action tant que des mesures ne seront pas prises par le gouvernement en direction de la grande distribution pour faire remonter les cours et cesser les ventes à perte.
Afin que cette action ne puisse être contournée, ils ont décidé depuis 4 h 30 ce matin le blocage du marché d'intérêt national (MIN) de Châteaurenard, Une décision grave mais à la hauteur de la situation. Il s’agit de la deuxième crise consécutive de la salade après celle de l’an dernier. Des centaines de producteurs sont en situation de dépôt de bilan, sans compter ceux qui ont déjà arrêté.
La Msa des Bouches du Rhône, qui couvre la principale zone de production régionale de salades, avait accordé l’an dernier des échéanciers et des reports des cotisations sociales. Elle se voit contrainte de faire la même chose aujourd’hui, une situation totalement ingérable.
Les producteurs de salade en lutte demandent aux pouvoirs publics :
- la mise en place immédiate du coefficient multiplicateur inscrit dans la loi - mais toujours inappliqué - afin de faire remonter les cours et de faire baisser les prix aux consommateurs
- La moralisation des pratiques de la grande distribution (interdire les marges arrière et la vente à perte, les ententes illicites)
- Des calendriers d’importation afin de ne pas télescoper les productions régionales.
- Harmoniser les normes phytosanitaires européennes en les alignant vers le haut sur les normes françaises. Dans l’attente de cette harmonisation, contrôler sévèrement les importations de fruits et légumes et suspendre toute importation qui ne correspondrait pas aux normes phytosanitaires nationales.
Ils appellent tous les producteurs à être solidaires, à poursuivre la grève des apports au moins jusqu’à lundi 3 mars et à rester mobilisés pour continuer à bloquer le Min de Châteaurenard.
Le Modef des Bouches du Rhône et de Vaucluse, dont les militants sont présents dans l’action, apportent leur plus total soutien aux producteurs en lutte et demandent que les pouvoirs publics répondent en urgence aux revendications. Au moment même où les prix flambent dans les grandes surfaces, les paysans ne peuvent plus vivre de leur travail. Les responsables du Modef réaffirment la nécessité de la mise en place par l'Etat des mesures demandées par les producteurs pour contraindre la grande distribution à modifier ses pratiques vis-à-vis des fournisseurs et des consommateurs.