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Le modef paca est un syndicat agricole dans la région paca

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Qui a peur du coefficient multiplicateur ?

Le coefficient multiplicateur a été mis en place à la libération afin de protéger les paysans et les consommateurs des pratiques abusives des intermédiaires notamment en matière de marges, et cela dans une optique de souveraineté alimentaire de la nation, l’objectif étant de permettre la satisfaction des besoins des français par une maîtrise publique et d’empêcher les spéculateurs de déstabiliser les prix et de déclencher des crises, comme cela était régulièrement le cas dans les années 30.
 
Le principe de cet outil est extrêmement simple : L’Etat fixe un taux légal à ne pas dépasser entre le prix d’achat au fournisseur et le prix de vente au consommateur, taux qui s’applique à la chaîne des différents intermédiaires prise dans son ensemble (et non pas à individuellement à chacun d’entre eux). Par ce simple mécanisme les prix à la production sont protégés dans la mesure où une augmentation des marges des intermédiaires passe obligatoirement par une augmentation du prix d’achat au fournisseur. Mais les prix à la consommation sont de leur coté également protégés dans la mesure où le mécanisme interdit aux intermédiaires de dépasser un certain niveau de prix à la revente finale. En liant intimement le prix d’achat au fournisseur et le prix de revente au consommateur, le coefficient multiplicateur prémunit de fait contre les pratiques spéculatives de la part des distributeurs.
 
Pour comprendre comment fonctionne le mécanisme, prenons l’exemple d’un coefficient multiplicateur fixé à 1,5.
 
L’intermédiaire achète un produit X au prix du marché, par exemple des salades à 40 centimes pièce. Il ne peut revendre ce produit à plus de 60 centimes pièce. Sa marge est donc de 20 centimes.
 
Si l’intermédiaire décide d’acheter des salades en dessous du prix du marché, mettons à 20 centimes pièce, il ne peut dès lors les revendre au dessus de 30 centimes pièce. Sa marge n’est plus que de 10 centimes.
 
Tout au contraire, si l’intermédiaire décide d’augmenter le prix d’achat au producteur - mettons à 60 centimes pièces - il peut revendre cette marchandise jusqu’à 90 centimes pièce. Pour le même produit, sa marge est dans ce cas de 30 centimes.
 
Quel que soit son niveau, le coefficient multiplicateur tend par lui-même à contraindre tout intermédiaire voulant maintenir ou accroître sa marge à augmenter le prix d’achat au fournisseur. D’un autre côté, et cela sans toucher au revenu du fournisseur, le niveau du coefficient multiplicateur joue quant à lui sur la marge des intermédiaires et sur les prix à la consommation. Ce niveau n’est pas forcément définitif. Il peut être ajusté afin de prendre en compte le niveau de marges nécessaires en vue de permettre à l’intermédiaire de dégager un revenu suffisant et afin de permettre un niveau de prix à la revente acceptable par le consommateur.   
 
Tout produit acheté et revendu par un intermédiaire est par ailleurs soumis au coefficient multiplicateur. Le coefficient multiplicateur ne s’applique donc pas uniquement aux produits nationaux, mais également aux produits d’importation. Il possède donc à ce titre une fonction de régulation, non pas des importations en elles mêmes (il laisse les frontières « ouvertes »), mais du prix des produits importés. Tout en protégeant les producteurs nationaux, Il tend de fait à maintenir et améliorer les prix à la production dans les pays exportateurs et à freiner la mise en concurrence des fournisseurs en fonction des différences de coûts salariaux. Il participe grandement à lutter contre les délocalisations ou le dumping social.
 
Par ailleurs, en limitant les hausses de prix à la consommation il possède un rôle important sur le volume d’achat des consommateurs, en permettant notamment aux familles modestes d’avoir accès régulièrement aux produits. Il participe donc à prévenir les phénomènes de mévente, phénomènes particulièrement sensibles notamment dans un secteur comme celui des fruits et légumes.
 
Si le coefficient multiplicateur ne résout pas tous les problèmes pouvant survenir sur les marchés agricoles (pénurie ou surproduction massives, crise climatique,…), il a néanmoins une fonction régulatrice particulièrement vertueuse, en participant à la prévention des mouvements spéculatifs qui s’accroissent avec la mondialisation des échanges. En limitant les phénomènes de mévente, il profite non seulement aux fournisseurs mais aussi aux intermédiaires, ces derniers pouvant maintenir du volume d’activité et donc du chiffre d’affaires.  Enfin, en participant à maintenir les revenus et les débouchés des fournisseurs, il contribue également à l’indépendance et à la satisfaction des besoins alimentaires. Cet aspect décisif au sortir de la 2è guerre mondiale où la pénurie était de mise, revient aujourd’hui sur le devant de la scène dans un contexte d’accroissement démographique sans précédent de l’humanité.
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