C’est suite à la demande des représentants de la grande distribution que le coefficient multiplicateur instauré à la libération a été supprimé par le gouvernement Chirac issu des urnes en 1986.
Les arguments des représentants des GMS étaient alors les suivants : L’entrée des pays d’Europe du sud dans le marché commun, les perspectives d’ouverture des frontières extra communautaires inscrites dans les projets européens et du Gatt (devenu aujourd’hui OMC), offraient des possibilités d’achats de marchandises à bas prix voire très bas prix sur le marché mondial avec lesquelles le coefficient multiplicateur ne cadrait pas. En effet, ce dernier obligeait la grande distribution à acheter les produits d’importation à un prix élevé pour pouvoir continuer à dégager des marges correctes. Il contraignait par ailleurs les GMS à appliquer des prix à la revente très faibles sur les produits importés achetés à bas prix. Un sacrilège pour ces tenants du profit maximum à tout prix.
Alors que la mondialisation libérale laissait entrevoir aux groupes de la distribution des gisements de profits insoupçonnés jusque là, et alors que venait sur le devant de la scène la montée des affaires faciles et des taux de profit à deux chiffres, pourquoi en effet se priver d’une telle aubaine?
Encore fallait il une majorité de députés pour permettre d’aller dans ce sens. C’est le ministre de l’agriculture de l’époque, François Guillaume, ex président de la FNSEA, qui a pris la décision de répondre positivement à la grande distribution en faisant supprimer de la loi le coefficient multiplicateur par la majorité de l’époque. Peu lui importait l’intérêt du monde paysan.