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Le modef paca est un syndicat agricole dans la région paca

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Les producteurs de légumes oubliés de la conférence nationale sur les prix

La conférence nationale sur les prix réunie le 21 mars au ministère de l’agriculture s’est soldée par un échec cuisant pour les producteurs, ces derniers étant rappelons le gravement touchés par plus de 5 mois de crise.
 
Si la réalité de la situation n’a été niée par aucun des intervenants, le ministre de l’agriculture Dominique Bussereau ainsi que les représentants d’Interfel (interprofession fruits et légumes) en sont restés aux causes climatiques de la crise, et à faire porter la responsabilité des difficultés aux producteurs eux-mêmes, coupables « d’un manque d’organisation ».
 
Pour justifier cette position les représentants d’Interfel ont indiqué que la grande distribution avait fait tout ce qu’elle pouvait pour limiter les effets de la situation à la fois en terme de prix à la production et de mévente, notamment par des actions de promotion auprès des consommateurs.
 
Les représentants de la Fédération Nationale des Producteurs de Légumes (Fnpl), suivis par ceux du Modef, des Ja et de la Fnsea, soutenus par ceux des négociants et des coopératives, ont eu beau dénoncer ces prises de position, démontrer le rôle catastrophique des centrales d’achat et réaffirmer la nécessité d’une intervention des pouvoirs publics pour encadrer les marges et les pratiques de la grande distribution, notamment par l’application du coefficient multiplicateur, ni les représentants d’Interfel ni le ministre lui même n’ont suivi en ce sens, préférant au contraire soutenir la position de la grande distribution sur la nécessité absolue de laisser faire la loi de l’offre et de la demande.
 
A une question du Modef sur les mesures que comptaient prendre les pouvoirs publics pour aider les producteurs à surmonter la crise, les représentants du ministre ont répondu que ce n’était pas l’objet de la réunion. Ils ont toutefois indiqué s’en tenir aux 1,5 millions d’euro d’aides publiques déjà annoncés, et attendre une réunion avec la MSA le 29 mars prochain pour communiquer sur le contenu précis d’un dispositif d’allègement de charges.
 
La proposition des syndicats d’intervention de l’Etat vis-à-vis de la grande distribution ayant été rejetée et la réunion n’ayant débouché sur aucune autre mesure que celles largement insuffisantes déjà engagées, les représentants des syndicats agricoles ont décidé de quitter la réunion en dénonçant une « parodie de concertation ».
 
La situation est pourtant dramatique. Lors d’une rencontre organisée par le Modef avec les producteurs des Bouches du Rhône la veille de la réunion ministérielle, ces derniers ont fait leurs comptes : Leurs pertes s’établissent en moyenne à 0,15 euro par pied de salade sur les 5 mois de campagne qui viennent de s’écouler, ce qui représente un total de l’ordre de 50 millions d’euro de pertes au niveau national, sans compter les autres productions (choux fleurs, poireaux, endives) qui ont durant tout l’hiver également été frappées de plein fouet par la crise.
 
50 millions d’euro qui ont au final été récupérés par la grande distribution, alors que l’activation du coefficient multiplicateur aurait permis d’éviter cette situation plongeant au bout du compte des centaines de producteurs dans une situation insurmontable, aux portes de la faillite. 60 dépôts de bilan auraient déjà eu lieu rien que dans les Bouches du Rhône.
 
Le Modef dénonce le véritable mépris affiché au plus haut niveau de l’Etat par les pouvoirs publics vis-à-vis des producteurs. Au vu du contenu de la réunion, dont le thème était la rémunération du travail paysan, la question se pose même de savoir si on est bien en face d’un ministre de l’agriculture, et si les pouvoirs publics veulent conserver des paysans en France.
 
Face à l’absence d’engagement ministériel, le Modef tient à réaffirmer les besoins urgents des producteurs : Application immédiate du coefficient multiplicateur dès les premiers signes de crise quelque soient les productions, suppression des marges arrière, déblocage budgétaire conséquent pour la mise en place d’un plan d’exonération (et pas de rééchelonnement) des cotisations sociales et des contributions fiscales, report d’annuités d’emprunt bancaire sans intérêts, déblocage en urgence de 15 millions d’euro d’aide à la trésorerie pour permettre aux producteurs de redémarrer une nouvelle campagne. Le Modef appelle l’ensemble des producteurs et des organisations syndicales à faire front pour obtenir satisfaction.
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