Après la grave crise qui a durement affecté les productions de salade en novembre décembre dernier, les producteurs des Bouches du Rhône viennent d’alerter les responsables du Modef : Depuis le 8 janvier les cours de la salade sont de nouveau en chute libre.
En moins de 3 jours, les prix à la production des laitues, batavias et feuilles de chêne se sont de nouveau effondrés et les producteurs impuissants assistent avec désarroi depuis le 11 janvier au passage des cours sous le seuil fatidique des prix de revient, estimés à 0,30 euro pièce en moyenne. Consulter les indicateurs du ministère
Selon nos informations les cours se situaient le 12 janvier autour de 0,20, 0,25 euro pièce et le 15 janvier autour de 0,15 euro.
Certaines enseignes de la grande distribution semblent plus réactives que lors du marasme de novembre décembre dernier et pratiquent des promotions en rayons (lots de salades à bas prix) afin de tenter de prévenir l’engorgement du marché et la mévente. Mais dans la plupart des magasins les prix constatés se situent sans aucune justification autour de 1 euro pièce, soit une marge représentant de 4 à 6 fois le prix d'achat au producteur.
Si contrairement à quelques semaines en arrière les ventes continuent encore pour l’heure de s’effectuer sur un rythme relativement soutenu, la réalité est là : les producteurs vendent actuellement le fruit de leur travail à perte.
Alors que la crise semble une nouvelle fois s’installer dans la durée, certaines informations tendent à indiquer que des importations de salades à bas prix en provenance d’Italie et du Portugal pourrait participer au marasme qui commence à affecter les producteurs français en tirant les cours vers le bas.
Jusque quand va durer ce jeu de massacre ?
Une nouvelle fois le Modef exige l’intervention des pouvoirs publics
Quelques soient les grandes explications apportées pour justifier l’inaction des pouvoirs publics, (climat doux, …) le fond du problème reste le même. En laissant les mains totalement libres au marché, on fait porter aux seuls paysans les conséquences des difficultés. 20% des producteurs ont déjà disparu depuis 5 ans en Paca, veut on laisser les choses en l’état et voir la situation continuer dans ce sens? A ce rythme, combien restera t-il de paysans dans 5 ans ?
Il ne peut y avoir d’issue positive pour la profession tant que l’intervention des pouvoirs publics ne sera pas effective.
Au nom du Modef des Bouches du Rhône Daniel Roche en appelle pour sa part au bon sens :
Le coefficient multiplicateur est inscrit dans la loi, et sa simple mise en route permettrait d’affermir les prix à la production et de répartir équitablement les effets négatifs des fluctuations du marché entre producteurs et distributeurs, tout en protégeant le consommateur. Tout cela sans coûter un centime à la collectivité.
Nous sommes en République et nul n’est au dessus des lois. Pourquoi le coefficient multiplicateur n’est il pas appliqué ?
Il y a deux poids et deux mesures : Depuis 2003, les producteurs traversent crise sur crise et sont totalement laissés pour compte par les pouvoirs publics. De son côté la grande distribution déjà ultra dominante sur le marché alimentaire vient d’obtenir un nouveau cadeau avec la levée de la loi qui l’empêchait jusqu’ici d’utiliser les grands médias pour y faire de la publicité de masse.
Qu’on ne nous dise pas que les pouvoirs publics ne peuvent rien en matière économique.
Après la scandaleuse autorisation qui a été donnée en 2005 aux grands distributeurs pour leur permettre d’user des marges arrières « dans la limite de 20% », plutôt que leur abrogation attendue unanimement par les producteurs, le gouvernement persiste et signe : Tout pour la grande distribution, rien pour les producteurs.
Comme lorsqu’il s’est agi d’obtenir le coefficient multiplicateur, le Modef ne lâchera pas. Il continue et continuera de tout faire pour élargir l’action à l’ensemble des paysans et des organisations syndicales afin d’obtenir gain de cause sur l’application du coefficient multiplicateur, sur la suppression des marges arrières et sur l’indispensable protection aux frontières pendant les périodes les plus sensibles.