Une évolution récente
Alors que du fait de la baisse du pouvoir d’achat et de la montée des produits transformés la consommation de fruits et légumes frais connaît en France une baisse dramatique (-20% en volume entre 2003 et 2005), les hypermarchés tendent pour leur part à renforcer leur présence sur ce secteur, au détriment de toutes les autres grandes et moyennes surfaces (GMS) et supérettes de proximité.
De source Interfel, entre 2004 et 2005, les hypermarchés (toutes enseignes confondues) ont en effet vu leur part de marché fruits et légumes passer de 32,5% à 35%, au détriment des supérettes de proximité (3% à 2,5%), des supermarchés (27,5% à 26%) et y compris du hard discount (11% de parts de marché à 10,5%).
Au total, si la domination de la grande distribution sur le marché des fruits et légumes frais se maintient donc en terme de volume (74% de parts de marché), elle tend à se concentrer entre les mains des opérateurs les plus importants, y compris au sein d’une même enseigne.
Cette évolution pourrait avoir un lien avec la baisse des ventes de fruits et légumes, les grandes enseignes cherchant après les fortes hausses des prix à l’étal du début des années 2000 à maintenir et développer leur clientèle en tendant à stabiliser les prix des fruits et légumes. Les hypers seraient les principaux bénéficiaires de cette réorientation dans la mesure où il est plus facile d’y faire du volume (nombre de clients) et à moindre coût.
Et les ventes hors GMS ?
En ce qui concerne les ventes de fruits et légumes frais hors GMS, on observe sur la même période une montée des magasins de revente de primeurs (7,5% de parts de marché contre 6,5% en 2004) au détriment des revendeurs des marchés forains qui passent de 17,5% à 16,5% (prix trop élevés, méfiance des consommateurs pour des produits dont l’origine n’est pas toujours claire?).
La vente directe de fruits et légumes (vente à la ferme, marchés et magasins paysans) stagne pour sa part à 2% de parts de marché, probablement moins du fait d’une désaffection de la clientèle que du manque de structures nouvelles en nombre suffisant, ainsi que des difficultés que représentent pour les producteurs le manque de temps à consacrer à la vente.
Les magasins de revente de primeurs fleurissent actuellement dans de nombreuses communes et captent l’essentiel d’une clientèle à la recherche de produits locaux de qualité, clientèle qui se développe régulièrement depuis plusieurs années.
Ce regain d’intérêt des consommateurs pour la qualité et l’origine des produits pourrait également avoir des incidences sur la stratégie récente des dirigeants des GMS, ces dernières tendant toutes depuis 2004 à renforcer leur image en terme de produits locaux « de qualité ». Mais ces nouveaux créneaux restent néanmoins pour elles des activités marginales (« produits d’appel »), à coté des volumes impressionnants de fruits et légumes bas de gamme aux marges élevées dont les GMS sont à l’origine et qui restent le cœur de leur activité.