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Le modef paca est un syndicat agricole dans la région paca

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Lors de la vente directe géante de salades qu'il a organisé le 1er avril à Marseille le MODEF 13 a demandé l'application en urgence du coefficient multiplicateur

Les discours et les actes

Durant les années 2004 et 2005 les productions de fruits et légumes ont été touchées par la crise la plus grave que le secteur ait connu depuis 10 ans. Le gouvernement a annoncé à grands renforts médiatiques qu'il prenait en compte la situation des producteurs, notamment en terme de moralisation des pratiques de la grande distribution. Sous la pression des luttes paysannes, les parlementaires ont été conduits à voter la mise en place du coefficient multiplicateur.

Mais à part un plan d'arrachage drastique du verger et des mesures d'accompagnement à la cessation d'activité, les pouvoirs publics n'ont toujours rien entrepris de concret pour mettre un terme à la crise. Les marges arrière de la grande distribution ont même été autorisées à hauteur de 20%, et le coefficient multiplicateur reste dans un placard du ministère de l'agriculture. Le gouvernement pousse le cynisme jusqu'à ouvrir encore plus les frontières aux importations à bas prix en augmentant par exemple pour 2006 les quotas de tomates marocaines et en prolongeant les autorisations d'importation jusqu'en juin.

La crise continue  

Dans ce contexte d'ouverture plus grande des marchés français et communautaire à la concurrence, ce n'est pas lire dans le marc de café que de prévoir de nouvelles difficultés pour les producteurs. Et les faits sont déjà là pour en témoigner : Epinards et tomates connaissent des prix très bas pour la saison. Le pire est pour les salades, qui subissent depuis début mars un effondrement des cours catastrophique, avec des prix à la production de 10-15 centimes alors qu'il faudrait au minimum 30 centimes pour vivre de son travail. Une chute loin d'être répercutée aux prix à la consommation, les grandes centrales d'achat profitant encore et toujours de l'absence de contraintes de la part des autorités de l'Etat pour maintenir des marges abusives et pour grossir leurs profits. En laissant les mains totalement libres à la grande distribution, le ministre de l'agriculture sacrifie les producteurs sur l'autel de la concurrence mondiale, mais il aggrave aussi la situation des consommateurs.

Le MODEF 13 prend l'initiative

Devant la gravité de la situation, les responsables du MODEF 13 ont décidé de réagir, en organisant samedi 1er avril une vente directe géante de salades à prix coûtant, en plein coeur de Marseille, sur le vieux port. Cette action était destinée à sensibiliser l'opinion et les pouvoirs publics sur la réalité de la situation des producteurs, mais aussi à mettre en avant des propositions concrètes pour qu'aucun d'entre eux ne disparaisse. Durant l'après midi, près de 3000 salades à 0,30 euro pièce ont été vendues à la population marseillaise, et plusieurs milliers de tracts diffusés, France 3 Méditerranée couvrant l'évènement. L'action avait par ailleurs été préparée par des distributions de tracts aux producteurs sur les différents MIN des Bouches du Rhône. Une première action qui a atteint son but et qui en appelle d'autres.

LES 4 REVENDICATIONS DU MODEF 13 POUR QU'AUCUN PRODUCTEUR NE DISPARAISSE :

1) Qu'attendent les pouvoirs pour activer le coefficient multiplicateur voté par les parlementaires ? Tout justifie aujourd'hui sa mise en place, à la fois pour freiner les importations à bas prix, pour relever les prix à la production et pour diminuer les prix à la consommation. Répétons le si nécessaire, cette mesure de salut public doit être activée dès maintenant pour pouvoir jouer tout son rôle préventif, rôle prévu par la loi. Rappelons aussi que cette mesure ne coûte pas un centime à la collectivité.

2) Il faut revenir sur l'ouverture en grand du marché à la concurrence en période de production. Le MODEF 13 exige une renégociation des accords internationaux avec les pays exportateurs de fruits et légumes, notamment le Maroc, mais aussi les pays de la communauté comme l'Espagne, afin de protéger les producteurs locaux pendant les périodes de production nationale. Des accords similaires ont pu être trouvés avec la Chine sur le textile, pourquoi pas sur les fruits et légumes, secteur où des milliers d'emplois sont menacés et où la souveraineté alimentaire de la France est gravement remise en cause, que ce soit en terme de quantité mais aussi de qualité. 

3) Il faut abroger l'article de loi autorisant les marges arrière de la grande distribution

4) Enfin, il faut des aides publiques à la hauteur de la crise pour permettre à tous les producteurs de passer le cap difficile auquel ils sont confrontés et de pérenniser leur activité. Le MODEF demande pour cela l'ouverture immédiate de négociations avec Bruxelles pour aménager en ce sens la directive de 2005 encadrant de manière très restrictive les aides d'Etat aux producteurs victimes de l'effondrement des cours.

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