René Calamel, responsable régional du Modef Paca appelle le nouveau président de la République à répondre en urgence aux intolérables discriminations dont sont victimes les agriculteurs et leurs conjointes en matière de retraite.
Les retraites agricoles, qu’il s’agisse des chefs d’exploitation et assimilés, comme des conjoints et des aides familiaux, sont des retraites de misère.
Que l’on en juge.
Pour une carrière pleine et entière (40 ans de cotisations) le montant national moyen des retraites n’atteint même pas 700 € pour les chefs d’exploitation et pas plus de 400 € pour les conjointes et les aides familiaux, c'est-à-dire que, dans ces derniers cas, leur montant ne se situe même pas au niveau du RMI.
D’intolérables discriminations
Encore s’agit-il là de moyenne pour une carrière complète. Au niveau des conjointes d’exploitants, celles qui se sont arrêtées pour élever leurs enfants, soigner les parents âgés ou malades, voient réduire considérablement le montant de leur retraite. Les années manquantes entraînent des coupes sombres où l’arnaque le dispute à l’injustice. Ces situations, est-il besoin de le rappeler touchent surtout des femmes et constituent donc une intolérable discrimination. On peut affirmer sans crainte d’être contredit que, de tous les régimes de vieillesse de notre pays, c’est dans l’agriculture que l’on rencontre les plus faibles retraites.
Ne pas reprendre d’une main ce que l’on donne de l’autre
Certes, il y a eu quelques faibles améliorations au cours des dix dernières années pour les chefs d’exploitations, les veuves et les pluriactifs mais ces indispensables réajustements se sont traduits dans la même période par des augmentations insupportables des cotisations imputables aux actifs, plus de 50% dans de nombreux cas.
Un exemple vaut d’être cité, celui de la RCO (Retraite Complémentaire Obligatoire). C’est par une lourde et nouvelle cotisation que paient des actifs de moins en moins nombreux, que la RCO a été mise en place.
Autrement dit, le gouvernement récupère d’une main ce qu’il donne de l’autre.
Des ponctions inacceptables
Enfin les atteintes aux régimes d’assurance maladie ces dernières années obligent les ayants droits de ces régimes à cotiser à une assurance complémentaire. Au niveau des retraites agricoles, cette complémentaire d’un montant de plus en plus élevé, ampute d’un trimestre au moins par an et par couple le montant de leurs faibles retraites.
De plus, malgré des retraites ne permettant pas de vivre décemment, de nombreux ressortissants agricoles se voient appliquer des retenues de l’ordre de 7,10% au titre de la CSG et du RDS.
On ne dénoncera jamais assez une telle situation en un moment où les actionnaires des valeurs cotées au CAC 40 jubilent. En effet, sans travail, les revenus de leurs actions n’ont jamais été aussi élevés et ce, sans parler des parachutes en or consentis aux capitaines d’industrie et autres privilégiés des « Stocks Options ».
Il faut respecter les engagements pris
Dans une période récente, des candidats à la Présidence de la République dont la devise est toujours : « Liberté, Egalité, Fraternité », se sont penchés sur le problème des faibles retraites en général.
Le candidat SARKOZY s’est même engagé à augmenter de 50% le montant de ces faibles retraites. C’était dans un discours de campagne d’avant le 1er tour.
C’est au pied du mur que l’on voit le maçon…
Aujourd’hui élu Président, il a les moyens d’agir.
Augmenter les faibles retraites et ce sans toucher au régime par répartition, c’est là une excellente priorité pour les 100 premiers jours de son mandat. Aux promesses faites, il faut donner un contenu. Le plus tôt sera le mieux car il y a urgence.
Un rattrapage indispensable
En effet si on veut bien tenir compte du fait que la mise en place de l’Euro s’est traduite par une augmentation des coûts de la vie d’environ 35% et que les réajustements annuels des retraites intervenus depuis (1,5% en moyenne), ont été nettement inférieurs au taux d’inflation, il faut estimer qu’une revalorisation de 50% constituerait un juste rattrapage permettant aux retraites agricoles de se rapprocher de celles des autres catégories socioprofessionnelles.
René CALAMEL
Ancien Vice-Président
De la Mutualité Sociale Agricole de Vaucluse
04 90 62 94 05