Dimanche 18 février 2007
Suite à l’intervention du Modef, le Conseil Général des Hautes Alpes a décidé de prendre à bras le corps les graves difficultés rencontrées par les producteurs de lavande, en mettant en place un plan de soutien destiné à maintenir la filière en activitéLe « dépérissement » : Un fléau galopant
Les productions de lavandes et lavandins de l’ensemble de la région Paca sont touchées depuis plusieurs années par une maladie communément nommée « dépérissement », aboutissant au dessèchement, à la perte de récolte et à la mort des plantes.
Le principal vecteur de cette affection est un insecte, la cicadelle, mais l’aggravation des conditions climatiques (gel et sécheresse) observée ces 3 dernières années a joué un rôle décisif dans l’expansion inédite de la maladie, en favorisant le stress des lavandes et lavandins et en affaiblissant leurs défenses. Durant l’été 2006, ce sont 30 à 50% des récoltes et des plantations qui, selon les endroits, ont disparu (voir ici).
Après des essais de replantation infructueux, nombre de producteurs envisagent aujourd’hui de cesser leur activité, cela d’autant plus que les perspectives économiques de la filière ne sont guère réjouissantes.
La solution existe pourtant
Le remède fiable à la maladie consiste dans la replantation de sujets résistants, mais nombre de producteurs n’ont pas les moyens de se les procurer par eux-mêmes dans la mesure où seule une sélection réalisée sous contrôle scientifique et technique apporte toutes les garanties nécessaires. Il n’existe par ailleurs à ce jour qu’un seul producteur de plants sains certifiés.
Les importants frais engagés par les producteurs pour les récentes replantations non résistantes n’ayant pas abouti, ces derniers sont de plus en plus nombreux à être découragés mais ils sont encore moins enclins à poursuivre quand pour beaucoup d’entre eux la lavande ne représente qu’un complément d’activité et alors que dans de nombreux cas leur trésorerie est également affectée par les difficultés des autres filières, ou par la diminution des aides liée à la réforme de la Pac.
Dans ce contexte critique où la question de la disparition de la filière lavandicole se pose à court terme, avec toutes les conséquences à attendre sur l’économie locale, régionale voire nationale (production et savoir faire, emploi, paysages et image, tourisme induit) le Modef a lancé une grande campagne de sensibilisation auprès des pouvoirs publics et des élus.
La plus urgente des préoccupations est pour l’heure d’aider les producteurs à reconstituer leur potentiel de production avec des plants résistants (150 Ha dans les Hautes Alpes avant l’apparition de la maladie). Si ce message n’a toujours pas été pris en compte par l’Etat, il a été entendu par le Conseil Général des Hautes Alpes, qui vient de voter un programme d’action pour soutenir la profession en ce sens.
Un programme destiné à replanter des plants résistants
Le programme financé par le département des Hautes Alpes comporte 2 volets : Soutien à la reconstitution du potentiel de production des agriculteurs par la plantation de plants résistants mais aussi soutien à la mise en place de pépinières pour pouvoir disposer de plants sains.
1. Contrat sur quatre années de reconstitution du potentiel de production des champs de lavandes et lavandins sains
Bénéficiaire de l’aide : tout agriculteur à titre principal dont le siège d’exploitation se situe dans les Hautes-Alpes
Année 1 : Aide financière de 50 % du coût du matériel végétal plafonné à 1 500 € HT/ ha, soit 750 € de subvention/ha. Cette aide sera conditionnée à la mise en place d’un suivi technique par la Chambre d’agriculture financé par ailleurs et qui fera l’objet du protocole suivant : Réalisation d’un diagnostic préalable à la replantation de pieds de lavande fine ou de lavandin, plantation et suivi des cultures selon les pratiques culturales conseillées.
Année 2, 3 et 4 : Aide financière de 400 €/ha/an devant compenser le manque à gagner dû à la non production des trois premières années.
Soit un total cumulé sur 4 ans de 1 950 €/ha.
2. Aide à la constitution d’un potentiel de production de plants sains. Cette aide est destinée aux agriculteurs souhaitant développer une activité de pépinière de plants sains.
Bénéficiaire de l’aide : tout agriculteur à titre principal dont le siège d’exploitation se situe dans les Hautes-Alpes
Détail de l’aide : Aide financière égale à 50 % du coût de la mise en place de la pépinière avec un coût plafond de dépense subventionnable de 4 000 € HT par pépinière. Les dépenses éligibles sont l’achat du matériel végétal, l’investissement matériel (sont éligibles les serres et le système d’irrigation) ainsi que la désinfection du sol.
Comme pour l’aide à la replantation, l’aide à la pépinière est conditionnée à la mise en place d’un suivi technique par la Chambre d’agriculture (diagnostic préalable, plantation et suivi des cultures selon les pratiques culturales conseillées)
3. Respect des engagements. Pour les 2 types de contrat le non respect des engagements, ainsi que des bonnes pratiques agricoles habituelles, des autorisations éventuellement requises pour l’exploitation des fonds, le non signalement des changements intervenus sur l’exploitation auprès des services du Conseil Général ou encore l’opposition aux contrôles ou leur non facilitation entraînent la rupture du contrat et le remboursement des sommes perçues, sans préjudice des autres poursuites et sanctions prévues par les textes en vigueur.
L’entrée en vigueur des mesures est encore soumis à finalisation et doit se faire incessamment. Les dossiers de demande d’aide sont à retirer au Conseil Général des Hautes Alpes.

Une évolution
défavorable du climat
Le Modef demande aux pouvoirs publics des mesures exceptionnelles pour sauvegarder la production AOC.