FEDERATION REGIONALE DES SYNDICATS D'EXPLOITANTS AGRICOLES FAMILIAUX MODEF
PROVENCE
ALPES
CÔTE D'AZUR
Malgré de nombreux amendements, les principales dispositions du projet de loi de
modernisation de l'économie donnant tout pouvoir à la grande distribution vis-à-vis des fournisseurs et visant à étendre encore sa domination sur le petit commerce indépendant ont été adoptées
par l'assemblée nationale.
Le projet de loi va maintenant être examiné par le Sénat pendant la première semaine de juillet. Le Modef Paca appelle les sénateurs à ne pas laisser faire ce qui serait un véritable désastre
pour les agriculteurs et les consommateurs.
Ce projet de loi qui prétend redonner du pouvoir d'achat aux français en libéralisant le grand commerce et en tirant les prix des fournisseurs à la baisse est une véritable tromperie.
Pour ne citer que trois exemples d'actualité récente, quand les producteurs de salades vendent leur produit à 20 centimes pièce, il est revendu en grande surface entre 70 centimes et 1 euro.
Quand un éleveur vend son agneau 4,80 euro le kilo, le consommateur retrouve le gigot et les côtelettes à plus de 20 euro, voire 25 euro. Quand une cave coopérative vend son vin 1,80 la
bouteille, on la retrouve au minimum à 5 euro dans les rayons de la grande distribution.
Au vu de ces exemples qui peuvent être élargis à l'ensemble des produits alimentaires, nul n'est besoin d'être un grand économiste pour comprendre que le problème des prix élevés à la
consommation est du aux marges abusives de la grande distribution.
Pourquoi refuser de l'entendre ? Pourquoi s'en tenir aux seuls arguments de la grande distribution, des arguments s'appuyant sur une opacité savamment utilisée concernant la formation des
prix.
Vouloir à tout prix faire baisser les prix des fournisseurs ne résoudra en aucun cas les hausses de prix au consommateur et ne fera qu'accroître encore les marges des distributeurs. Plus grave,
cette logique aboutira à accélérer la remise en cause de nos exploitations agricoles.
Une fuite en avant vers plus de libre marché au service d'intérêts particuliers ne résoudra en aucun cas les problèmes. Il faut au contraire des mesures législatives pour améliorer ce qui ne
marche pas, c'est-à-dire essentiellement pour mieux répartir les marges entre tous les acteurs, du producteur au consommateur et pour remettre en cause la domination sans partage des 6 centrales
d'achat des groupes de la distribution sur le commerce alimentaire français.
Daniel
Roche
Président
du Modef Paca
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14 89 62 19